Le gouvernement béninois a décidé, en Conseil des ministres du 4 mars 2026, de classer la cité lacustre de Ganvié au patrimoine culturel national. Une décision stratégique qui vise à préserver ce site touristique emblématique, tout en renforçant la valorisation du patrimoine et le développement économique des populations locales.
La cité lacustre de Ganvié franchit une nouvelle étape dans son histoire. Lors du Conseil des ministres du 4 mars 2026, le gouvernement béninois a officiellement décidé de classer ce village unique au patrimoine culturel national. Cette reconnaissance marque une volonté claire des autorités de préserver un héritage culturel et historique majeur du pays.
En effet, située sur le lac Nokoué, Ganvié est souvent surnommée la « Venise de l’Afrique ». Construite sur pilotis, cette cité attire chaque année des milliers de visiteurs venus découvrir un mode de vie particulier, entièrement organisé autour de l’eau. Les habitations, les marchés flottants et les déplacements en pirogue constituent autant d’éléments qui font de ce lieu un symbole fort de la culture béninoise.
Le classement au patrimoine culturel national répond à plusieurs objectifs stratégiques du gouvernement. Il s’agit avant tout de protéger le site contre les menaces qui pèsent sur son équilibre. Les autorités évoquent notamment les défis environnementaux, la pression démographique croissante et les mutations économiques qui pourraient fragiliser l’identité culturelle de la cité lacustre. Au-delà de la préservation, cette décision s’inscrit également dans une politique plus large de valorisation du patrimoine et de promotion du tourisme. En reconnaissant officiellement l’importance culturelle et historique de Ganvié, l’État entend renforcer son attractivité touristique et encourager les investissements dans les infrastructures et les services destinés aux visiteurs.
Par ailleurs, pour les acteurs du tourisme, cette initiative représente une avancée majeure. Antoine, guide touristique sur le site, estime que la décision est particulièrement pertinente. Selon lui, « les avantages du classement de Ganvié au patrimoine culturel national sont évidents, car depuis toujours Ganvié demeure un site touristique incontournable ». Il souligne que des milliers de visiteurs y sont accueillis chaque année, contribuant ainsi à la valorisation de la culture béninoise.
Les habitants de la cité lacustre voient également dans cette reconnaissance une opportunité pour leur communauté. Claude, riverain né et grandi à Ganvié, rappelle que plusieurs activités économiques permettent aux populations de vivre de leur environnement. « Tous les week-ends, les étrangers viennent visiter nos habitations et découvrir notre culture. Cela fait que beaucoup de personnes nous connaissent désormais », explique-t-il.
Le classement de Ganvié pourrait ainsi favoriser une meilleure organisation du tourisme et améliorer les conditions de vie des habitants. En renforçant la protection du site et en encourageant sa valorisation, le gouvernement espère concilier développement économique et sauvegarde du patrimoine. Au-delà de son importance touristique, Ganvié représente également un symbole d’histoire et de résistance.
En décidant de l’inscrire au patrimoine culturel national, l’État béninois affirme donc sa volonté de préserver ce patrimoine unique pour les générations futures. Une démarche qui pourrait aussi constituer une étape vers une reconnaissance internationale encore plus large de ce joyau culturel du pays.
Gildas AHOGNI