Le 05 septembre 2025, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Alassane Seïdou, signait une note rappelant l’interdiction de la circulation des véhicules à vitres teintées sur toute l’étendue du territoire national, conformément aux dispositions légales et réglementaires en vigueur en République du Bénin. Annoncée à grand renfort médiatique, la phase répressive n’a jamais eu lieu jusqu’à ce jour.
Qu’en est-il à ce jour de la mesure portant interdiction de la circulation des véhicules à vitres teintées en République du Bénin ? On se rappelle qu’il y a quelques mois, le ministre de l’intérieur et de la sécurité publique avait rappelé les dispositions réglementaires qui régissent le secteur notamment le décret N°2017-546 du 22 novembre 2017 selon lequel il est interdit de circuler avec un pare-brise ou des vitres avant empêchant une visibilité claire depuis l’extérieur du véhicule. Dans le document, l’autorité ministérielle insistait sur la nécessité pour les usagers de se conformer aux textes, dans un contexte où les impératifs de sécurité publique sont régulièrement mis en avant par le gouvernement. La même note précisait qu’une phase répressive entrerait en vigueur à compter du 1er octobre 2025. Le ministère précise qu’une vaste opération d’immobilisation et de retrait de circulation, des véhicules non conformes, sera menée par la Police républicaine, sur l’ensemble du territoire. Pour ne pas subir la rigueur de la loi, les propriétaires de véhicules concernés disposaient donc d’un délai allant jusqu’au 30 septembre 2025 pour se mettre en règle. Deux options s’offraient à eux : retirer les films teintés ou opaques apposés sur leurs vitres, ou s’acquitter des frais requis pour une autorisation spéciale d’utilisation de vitres teintées, lorsque la réglementation le permet. Dans les grandes villes, certains ont déboursé de l’argent pour retirer les films teintés, d’autres ont engagé des démarches administratives pour régulariser leur situation.
Un report inattendu
Mais contre toute attente, à quelques heures du démarrage effectif de la phase de répression, un report a été annoncé. Aucune explication officielle détaillée n’a accompagné cette décision. De sources officieuses, il est confié que ce report viserait à accorder un délai supplémentaire aux usagers afin de leur permettre de mieux se conformer aux exigences réglementaires. Une justification qui peine toutefois à convaincre une partie de l’opinion publique. Depuis l’annonce de ce report, plus rien. Aucune nouvelle communication officielle, aucune nouvelle échéance, aucun rappel formel. Le dossier semble avoir disparu de l’agenda public. Dans les rues, les véhicules à vitres teintées continuent de circuler, comme si la mesure n’avait jamais été annoncée. Des interrogations naissent. L’interdiction est-elle toujours d’actualité ? La phase répressive sera-t-elle relancée ? Ou s’agit-il d’une réforme qui n’ira jamais à son terme ?
Une frustration suscitée
Cette situation crée un malaise palpable. De nombreux Béninois expriment leur mécontentement, notamment ceux qui ont déjà consenti des efforts financiers pour se conformer à la note ministérielle. Ceux qui ont retiré leurs vitres teintées estiment avoir agi dans le respect de la loi, parfois au détriment de leur confort. Quant à ceux qui ont payé les taxes relatives à l’utilisation des vitres teintées, ils se sentent lésés face à l’absence de suivi et d’équité dans l’application de la mesure. Au-delà de la question des vitres teintées, c’est la crédibilité de l’action publique qui est en jeu. Une décision annoncée avec fermeté, assortie d’un calendrier précis, puis suspendue sans communication claire, laisse place au doute et alimente le sentiment d’improvisation.
Mohamed Yèkini