Plusieurs pays africains suivent avec attention la situation de leurs citoyens engagés dans la guerre en Ukraine. Des témoignages parlent de promesses d’emplois qui se transforment parfois en expérience militaire risquée.
Des inquiétudes grandissent en Afrique autour du recrutement de certains jeunes Africains pour combattre aux côtés de la Russie dans la guerre contre l’Ukraine. Selon plusieurs témoignages, certains candidats auraient été attirés par des offres d’emplois ou des salaires intéressants avant de se retrouver dans une situation bien différente, parfois sur le front.
Certains recruteurs auraient ciblé des jeunes confrontés au chômage ou à la précarité. Les offres parlaient souvent de travail civil : chauffeur, ouvrier ou autres emplois. Mais une fois sur place, quelques recrues disent avoir été envoyées dans des zones de combat.
Selon différentes estimations, des ressortissants d’au moins 35 pays africains seraient concernés, notamment d’Égypte, de Gambie ou encore du Burkina Faso. Des associations et organisations civiles sensibilisent désormais les jeunes sur les risques liés à certaines propositions de travail hors du continent.
Un rapport publié en février 2026 par l’organisation INPACT parle d’environ 1 500 Africains enrôlés entre 2023 et mi-2025. Plusieurs centaines seraient morts, d’autres restent sans nouvelles, ce qui inquiète leurs familles.
Des réactions des gouvernements africains
Certains États africains commencent à réagir. Au Kenya, le ministre des Affaires étrangères Musalia Mudavadi prévoit un déplacement à Moscou pour discuter du sort de ses ressortissants. Les autorités kényanes ont reconnu que plusieurs dizaines de citoyens se trouvent impliqués dans ce conflit.
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a aussi échangé avec Vladimir Poutine pour évoquer la situation de volontaires de Afrique du Sud présents dans la zone de guerre. Des appels de détresse auraient été signalés. Au Cameroun également, les autorités ont mis en garde les jeunes contre ce type d’offres à l’étranger.
Au-delà de la guerre, cette situation pose la question de la protection des citoyens africains à l’étranger et du manque d’opportunités économiques locales. Beaucoup appellent à plus d’information, de prudence et de coopération entre États pour éviter que d’autres jeunes ne se retrouvent impliqués dans un conflit qui n’est pas le leur.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU