Une attaque meurtrière attribuée à des groupes jihadistes a frappé le village de Woro, dans l’État nigérian de Kwara. Face au lourd bilan, le président Bola Tinubu a ordonné l’envoi de troupes pour sécuriser la zone.
Le Nigeria a de nouveau été secoué par une attaque sanglante mardi soir dans le village de Woro, au centre-ouest du pays. Des hommes armés ont pris d’assaut la localité, incendiant habitations, commerces et bâtiments publics, causant un nombre élevé de victimes.
Selon Babaomo Ayodeji, responsable local de la Croix-Rouge nigériane, le bilan provisoire fait état de 162 morts, tandis que les recherches se poursuivent pour retrouver d’éventuels corps. De son côté, le gouverneur de l’État de Kwara, AbdulRahman AbdulRazaq, évoque plutôt 75 victimes. Il affirme que la communauté aurait refusé d’adhérer à une idéologie extrémiste prônant la violence.
En réaction, le président Bola Tinubu a condamné une attaque « lâche et bestiale » et a ordonné le déploiement d’un bataillon militaire dans la circonscription de Kaiama, proche de Woro. L’objectif est de renforcer la sécurité et d’empêcher de nouvelles incursions armées.
Des responsables locaux rapportent également l’incendie du palais royal du village. Le sort du roi demeure incertain, selon Sa’idu Baba Ahmed, membre de l’assemblée locale. La police a confirmé l’attaque mais n’a pas encore communiqué de bilan officiel.
Cette tragédie s’inscrit dans un contexte d’insécurité persistante dans l’État de Kwara, où opèrent à la fois des bandes criminelles et des groupes jihadistes. Des organisations comme Boko Haram, l’État islamique en Afrique de l’Ouest ou encore Lakurawa étendent progressivement leur zone d’influence vers le centre et le sud du pays.
Bien que Woro ne soit pas situé directement à la frontière, la zone reste relativement proche du Bénin, ce qui alimente les inquiétudes sur une possible extension régionale des violences et la nécessité d’une coopération sécuritaire transfrontalière.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU