En 2025, la scène politique a été fortement marquée par des crises internes, des tensions sécuritaires, et des positions stratégiques sur la scène internationale. De notre point vue, nous avons énumérer quelques personnalités politiques qui ont fait l’actualité en 2025. Leur rôle a façonné le débat public, tant sur le plan national qu’à l’échelle continentale et mondiale.
- Ousmane Sonko (Sénégal)
En 2025, Ousmane Sonko, Premier ministre du Sénégal, a été au cœur d’une vive crise politique avec le président Bassirou Diomaye Faye. Depuis le début de l’année, leurs différends sur la gestion du gouvernement et des postes clés ont provoqué des tensions publiques. Alors que le Président Diomaye Faye annonce la désignation de Mme Aminata Touré pour restructurer la coalition qui l’a porté au pouvoir, le bureau politique du PASTEF (Patriotes Africains du Sénégal pour le Travail, l’Ethique et la Fraternité) dirigé par Ousmane Sonko, son premier ministre, s’est démarqué de ce choix estimant »ne partager ni les valeurs, ni les principes » avec la personne choisie par le président. Sonko a aussi multiplié les « tera meetings » pour mobiliser ses partisans face au gouvernement.
Malgré une mobilisation autour de projets comme l’Appel public à l’épargne qui a collecté 450 milliards de francs CFA en octobre, ses critiques envers le FMI dont il reprochait d’avoir une part de responsabilité sur l’affaire de la dette cachée de 4500 milliards de dollars et sa gestion de la dette ont aggravé les tensions politiques. En décembre, il a réaffirmé sa volonté d’être candidat à la présidentielle de 2029.
- Félix Tshisekedi (République démocratique du Congo)
Le président Félix Tshisekedi a traversé une année 2025 marquée par des défis sécuritaires et politiques profonds. Au début de l’année, Tshisekedi a renforcé la répression contre les « Kulunas » (bandits criminels urbains) en condamnant plus de 300 jeunes ( peine de mort pour certains) pour restaurer l’ordre. Malgré des accords de paix signés en juin puis en décembre 2025 à Washington avec le président rwandais Paul Kagame, la situation dans l’est du pays, particulièrement dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, est restée précaire. Les groupes armés continuent leurs attaques et la sécurité est détériorée.
La dernière ville prise par les rebelles était Uvira dont ils ont après annoncé le retrait sous la pression des États Unis. La population civile, elle, subit l’insécurité et les déplacements forcés, accentuant une crise humanitaire déjà grave. Cette situation complexifie les efforts de paix et fragilise l’autorité de Tshisekedi à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du pays.
- Abdel Fattah al-Sissi (Égypte)
En 2025, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a repositionné l’Égypte comme un acteur clé sur la scène diplomatique internationale, surtout dans le cadre des tensions israélo-palestiniennes. Le Caire a accueilli plusieurs discussions et initiatives visant à soutenir une solution politique durable, tout en collaborant avec les États-Unis et d’autres partenaires internationaux pour favoriser des cessez-le-feu et la reconstruction dans la bande de Gaza après les conflits armés.
L’Égypte a aussi organisé des rencontres diplomatiques importantes autour des propositions de paix, dont certaines liées à des plans internationaux de cessez-le-feu. Grâce à cette posture active, le pays a renforcé sa crédibilité régionale et internationale en tant que médiateur. Sur le plan intérieur, al-Sissi a poursuivi des politiques de développement économique et de sécurité intérieure, tout en gérant les défis socio-économiques hérités des années précédentes. L’implication de l’Égypte dans la paix au Moyen-Orient a marqué l’année politique du président.
- Abdel Fattah al-Burhan & Mohamed Hamdan Dagalo (Soudan)
Le Soudan a connu en 2025 une aggravation dramatique de sa crise politique et humanitaire. Depuis le début du conflit armé entre l’armée (FAS) dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhan et les Forces de Soutien Rapide (RSF) sous Mohamed Hamdan Dagalo, de nombreuses villes, y compris El-Fasher au Darfour, ont été le théâtre de violents combats, provoquant des milliers de morts des civils. Des organisations humanitaires internationales ont alerté sur une situation catastrophique : des millions de personnes déplacées, des pénuries alimentaires sévères, et des infrastructures détruites.
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a condamné le massacre de plus de 460 patients et patientes et des personnes les accompagnant, ainsi que l’enlèvement de six agents et agentes de santé, survenus le 28 octobre à la maternité saoudienne d’El-Fasher. Des rapports des Nations Unies et de la Croix-Rouge soulignent des niveaux de crise humanitaire comparables à ceux des pires conflits modernes. Les besoins en aide humanitaire continuent de croître, tandis que les négociations de paix stagnent et que les civils paient le prix le plus lourd de cette guerre civile.
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- Cyril Ramaphosa (Afrique du Sud)
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a vécu une année 2025 particulièrement mouvementée. À l’international, Ramaphosa a été au centre d’un débat intense avec le président américain Donald Trump à propos de réformes foncières en Afrique du Sud. En janvier, l’adoption d’une loi facilitant l’expropriation de terres sans compensation dans certains cas a provoqué des accusations infondées de discrimination et de « génocide » formulées par Washington, accusations que Pretoria a fermement rejetées.
Le président sud-africain a aussi fait entendre sa voix par ses multiples actions en faveur du règlement des conflits en Ukraine et à Gaza. En novembre, l’Afrique du Sud a accueilli le sommet du G20 à Johannesburg les 22 et 23 novembre, le premier jamais organisé sur le continent africain, mais marqué par le boycott des dirigeants américains et leur absence aux discussions principales. Malgré ces tensions, Ramaphosa a défendu l’importance du multilatéralisme et a souligné le rôle croissant de l’Afrique dans les grandes décisions mondiales.
- Donald Trump (États-Unis)
En 2025, Donald Trump est redevenu président des États-Unis le 20 janvier sous le slogan » Make America great again ». Son retour au pouvoir a eu un fort impact sur la diplomatie mondiale, notamment dans plusieurs conflits majeurs. Sur le plan commercial, Trump a relancé entre février et mars une politique douanière dure, avec des droits de douane allant jusqu’à 25 % sur certains produits étrangers (le fer et l’aluminium par exemple). Mais à partir de septembre, cette politique s’est partiellement endormie : plusieurs mesures ont été gelées ou retardées face aux critiques des entreprises américaines et au risque de hausse des prix. Sur la migration, un décret signé le 4 juin a interdit l’entrée aux ressortissants de 12 pays ( Afghanistan, Lybie, Soudan etc..), tout en renforçant les expulsions et les centres de rétention, avec un objectif de plus de 100 000 places. Le New-yorkais a aussi suspendu le Loto Visa.
Trump a aussi réduit fortement les aides humanitaires internationales en annonçant le mercredi 26 février la suppression de 92% des financements de programmes à l’étranger de l’agence américaine de développement (USAID) alors que les États Unis. En décembre dernier, il a toutefois annoncé une enveloppe exceptionnelle de 2 milliards de dollars, destinée à certaines crises ciblées.
Sur le plan diplomatique, Trump a joué un rôle central dans plusieurs tentatives de règlement de conflits. Sur l’Ukraine, il a lancé dès février 2025 des discussions directes avec Moscou et Kiev, poussant pour un cessez-le-feu négocié. Dans le conflit israélo-palestinien son administration a soutenu un plan de trêve discuté au Caire et à Washington, avec une implication directe des États-Unis. Concernant la crise sécuritaire en RDC, Washington a intensifié la pression diplomatique sur les rebelles de l’AFC/M23 soutenu par le Rwanda. N’oublions pas les tensions entre la Thaïlande et le Cambodge. Enfin, ses propos sur l’annexion du Groenland, le Canada et ses sanctions renforcées contre le Venezuela ont ravivé plusieurs tensions internationales.
- Emmanuel Macron (France)
En 2025, Emmanuel Macron a dû faire face à une année difficile politiquement et diplomatiquement. À l’intérieur, la France a été secouée par de vives tensions sociales et une instabilité politique durable. Le gouvernement a connu plusieurs crises, notamment l’effondrement du cabinet de François Bayrou en septembre à cause de protestations et d’un mouvement citoyen appelé “Bloquons tout” né le 10 septembre 2025 contre les mesures d’austérité et la réforme des retraites, ce qui a contribué à une instabilité parlementaire majeure.
Sur la scène internationale, Macron a tenté de jouer un rôle actif dans la résolution de conflits et les relations diplomatiques. La France a aussi avancé vers la reconnaissance de l’État de Palestine en septembre 2025 comme d’autres pays européens contribuant ainsi à relancer le débat international sur une solution à deux État. Il a réuni des partenaires en octobre à Paris, lors d’une réunion ministérielle pour un plan de paix au Proche-Orient, s’inscrivant dans le soutien à une solution politique durable au conflit israélo-palestinien aux côtés des États-Unis, de l’Égypte, du Qatar et d’autres acteurs. Le 13 octobre à Charm-el-Cheikh (Égypte), il a salué un cessez-le-feu et la libération d’otages à Gaza, marquant l’implication française dans l’effort de paix. Macron s’est également impliqué dans le soutien à l’Ukraine contre l’agression russe, en organisant des réunions internationales pour renforcer les garanties de sécurité européenne après un conflit prolongé, incluant un sommet de plus de 30 pays prévu le 6 janvier 2026 à Paris.
- Benjamin Netanyahou (Israël)
En 2025, Benjamin Netanyahou, Premier ministre israélien, a été l’un des principaux acteurs de conflits au Moyen-Orient et de la diplomatie avec les États-Unis. Tout au long de l’année, Netanyahou a navigué entre pression internationale pour consolider le cessez-le-feu à Gaza et critiques internes concernant la sécurité et son procès pour corruption. Il a intensifié les frappes de l’Israël au delà de Gaza en ciblant plusieurs membres du Hamas au Liban et en Iran après l’attaque meurtrière du 07 octobre. Toutefois il a été un acteur clé dans le processus de paix signé sous la médiation de Trump bien qu’Israël a violé à plusieurs reprises le cessez-le-feu.
En décembre, il s’est entretenu avec Trump à Mar-a-Lago, où Trump l’a fortement soutenu publiquement et a évoqué un possible pardon présidentiel implicite, bien que contesté par d’autres autorités israéliennes. En fin décembre, le Premier ministre Benyamin Netanyahu a annoncé qu’Israël veut briser sa dépendance militaire vis-à-vis de l’étranger. L’État hébreu va injecter 110 milliards de dollars en dix ans pour produire ses propres armes.
- Sanae Takaichi (Japon)
En 2025, le Japon a vécu une transformation politique majeure avec l’arrivée au pouvoir de Sanae Takaichi, élue Première ministre le 21 octobre à la tête d’un gouvernement dominé par le Parti libéral-démocrate (PLD). Elle est la première femme à diriger le gouvernement japonais.
Sa nomination fait suite à l’effondrement de l’ancienne coalition PLD-Kōmeitō, entraînant une recomposition politique au Japon. Takaichi a rapidement marqué son leadership en affirmant la nécessité de renforcer la sécurité nationale. Dans un discours devant le Parlement le 7 novembre, elle a déclaré qu’une attaque contre Taïwan constituerait une menace pour la survie du Japon, provoquant des tensions diplomatiques avec la Chine. Elle a aussi pris des positions strictes sur les questions sociales et conservatrices, tout en cherchant à consolider les relations bilatérales du Japon avec ses principaux alliés économiques et stratégiques en Asie et dans le monde.
- Luiz Inácio Lula da Silva (Brésil)
En 2025, le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a joué un rôle important sur les scènes climatique, diplomatique et économique. Il a présidé le 17ᵉ sommet des BRICS à Rio de Janeiro les 6-7 juillet, axé sur la coopération globale et le développement inclusif.
Lula s’est aussi fortement investi lors de la COP30 à Belém fin novembre, où il a mis l’accent sur la conservation de l’Amazonie et une transition juste loin des énergies fossiles. En politique intérieure, il a annoncé qu’il briguera un quatrième mandat en 2026, malgré ses 80 ans, cherchant à maintenir une dynamique progressiste dans un climat politique très polarisé. Sur le plan international, Lula a rencontré Donald Trump lors du sommet de l’ASEAN le 26 octobre à Kuala Lumpur, où ils ont convenu de lancer des consultations pour résoudre les tensions commerciales marquées par les droits de douane imposés par les États-Unis.