Les États-Unis ont annoncé ce mercredi des restrictions de visa visant les Nigérians — et leurs familles — impliqués dans des massacres ou violences contre des chrétiens. La mesure, présentée comme une réponse ferme à des violations graves de la liberté de religion, marque un tournant dans la politique de Washington à l’égard de Abuja.
Le U.S. Department of State a officiellement déclaré qu’il allait désormais refuser les visas à « toute personne — et si nécessaire à leurs proches — ayant dirigé, autorisé, soutenu, participé ou effectué des actes de violences motivées par la religion » au Nigeria. Selon le communiqué du secrétaire d’État Marco Rubio, cette décision s’inscrit dans le cadre d’une politique « décisive » en riposte aux « massacres et violences contre les chrétiens perpétrés par des terroristes islamiques radicaux, des milices ethniques peules (Fulani) et d’autres acteurs violents » au Nigeria et dans le monde. La restriction ne concerne pas uniquement les individus directement impliqués, mais aussi « leurs familles immédiates, le cas échéant ».
Ce durcissement diplomatique intervient dans un contexte d’insécurité croissante — marquée par des enlèvements massifs, parfois d’enfants, dans plusieurs États du pays. Ainsi, dans la nuit du 21 novembre 2025, des hommes armés ont enlevé 315 personnes — parmi elles 303 élèves et 12 enseignants — lors d’une attaque contre l’école St Mary’s School, dans la localité de Papiri, dans l’État de Niger. Si cinquante des victimes ont pu s’échapper, un nombre important demeure toujours aux mains des ravisseurs.
Quelques jours avant, des bandits avaient kidnappé au moins 11 personnes — dont des enfants, des femmes enceintes et des mères allaitantes — dans la communauté d’Isapa, dans l’État de Kwara, aggravant encore le climat de terreur.
Face à la spirale de violences, enlèvements et persécutions, cette nouvelle politique américaine pourrait constituer un levier de pression inédit sur les responsables — tant individuels qu’institutionnels. Reste à voir si elle incitera le gouvernement nigérian à intensifier ses efforts de protection des populations civiles ou si elle alimentera de nouvelles tensions diplomatiques.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU