Depuis quelques jours, les flammes s’invitent dans le quotidien de nombreuses familles béninoises. De Cotonou à Parakou, en passant par Bohicon, Abomey et Porto-Novo, les cas d’incendies se multiplient dans les ménages ou agglomérations, plongeant les populations dans la tristesse et la désolation. Des maisons réduites en cendres, des biens partis en fumée et des familles entières laissées sans abri. Le feu révèle une fois encore la fragilité des mesures de prévention face aux risques domestiques.
Depuis plusieurs jours, les flammes ne cessent de semer la désolation dans plusieurs agglomérations du pays. Des habitations entières partent en fumée, laissant derrière elles des familles éplorées et d’énormes pertes matérielles. De sources officieuses, les causes sont multiples, diverses et certaines relèvent des comportements de négligence ou des imprudences domestiques. A Cotonou ou à Sèmè-Podji, plusieurs sinistres ont été provoqués par des courts-circuits électriques, souvent dus à des appareils électroménagers laissés branchés pendant de longues heures, ou à des installations vétustes mal entretenues. Dans certains quartiers populaires, les rallonges surchargées et les branchements anarchiques sont devenus de véritables bombes à retardement. Dans les zones rurales, les flammes naissent souvent de mauvaises manipulations de foyers à charbon ou de bois de chauffage.
Des braises mal éteintes, laissées à proximité des murs en paille ou des tas de bois, des foyers mal surveillés ou des cuisines installées trop près des murs en matériaux inflammables suffisent à provoquer des incendies incontrôlables. Dans d’autres cas, les lampes à pétrole ou les bougies laissées allumées dans les chambres ne laissent aucune chance à ces dernières. À Abomey-Calavi, plusieurs habitations ont été ravagées, laissant des familles sans refuge en décembre 2024, il y a un mois d’un an. En mars 2025, quatre enfants d’une même famille ont perdu la vie dans un incendie domestique. Au-delà des pertes humaine et matérielles, ces incendies laissent des familles avec un arrière-goût très amer sans abri, sans vêtements, et des documents administratifs partis en fumée sous le regard impuissant des propriétaires.
Dans un contexte où les Béninois peinent à joindre les deux bouts en raison de la morosité économique, la tristesse et la détresse se lisent sur tous les visages. Face à tous ces drames, il est important d’observer les mesures de sécurité de base. Éteindre les foyers avant de dormir, débrancher les appareils après usage, entretenir les installations électriques, bannir les installations électriques sauvages et éviter de stocker du carburant à proximité des habitations sont des gestes simples qui peuvent sauver des vies. Alors que la saison s’annonce, le harmattan s’annonce avec un vent frais et sec et que les températures grimpent, la menace du feu plane encore. Les autorités locales et les populations doivent conjuguer leurs efforts pour éviter que de nouveaux foyers de feu ne viennent endeuiller davantage les communautés déjà meurtries. La vigilance de chacun reste la meilleure arme pour éviter que le feu ne continue de détruire des vies et de plonger des familles entières dans le désespoir.
Mohamed Yèkini