Un Béninois a écopé de près de cinq ans de prison ferme et de 150 millions de francs CFA d’amende pour avoir escroqué un ressortissant français avant de simuler sa propre mort afin d’échapper à la justice. Son stratagème, aussi audacieux qu’insolite, a finalement été démasqué par la Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme (CRIET).
Le tribunal spécial de la CRIET a rendu, cette semaine, un verdict qui a fait sourire plus d’un dans la salle d’audience, tant l’affaire semblait sortir tout droit d’un scénario de film. L’accusé, un homme d’une quarantaine d’années, avait réussi à soutirer plusieurs dizaines de millions de francs CFA à un Français, prétextant un investissement juteux au Bénin.
Une fois l’argent encaissé, il aurait fait courir la rumeur de sa propre mort, allant jusqu’à organiser de fausses funérailles pour tromper ses proches et les autorités. Des photos d’un prétendu enterrement avaient même circulé sur les réseaux sociaux pour crédibiliser la mise en scène.
Mais la supercherie n’a pas duré. Des investigations menées par les services de renseignement ont permis de découvrir que le « défunt » menait en réalité une vie discrète à Cotonou, sous une fausse identité. Interpellé puis présenté à la CRIET, il a reconnu les faits, espérant bénéficier de la clémence du tribunal.
La Cour, estimant la fraude particulièrement grave et préméditée, l’a condamné à quatre ans et onze mois d’emprisonnement ferme, assortis d’une amende de 150 millions de francs CFA. Le verdict envoie un message selon lequel la ruse, même bien ficelée, ne saurait tromper longtemps la justice.
Gildas AHOGNI