Dans quelques heures, le parti de l’opposition Les Démocrates rendra public le duo président, vice-président qui sera en course pour l’élection présidentielle d’avril 2026. Si pour le moment, rien n’a fuité sur l’identité de celui qui succèdera à Patrice Talon, il est indéniable que pour accroître leurs chances de briguer le fauteuil présidentiel, les Démocrates doivent faire avec un candidat qui a certaines qualités dont une proximité vis-à-vis des populations.
Les regards sont depuis quelques temps tournés vers le parti de l’opposition, Les Démocrates pour savoir celui qui sera le candidat désigné. Si une chose est sûre, c’est ce que les attentes sont grandes vu l’acabit du challenger Romuald Wadagni qui est le candidat de la mouvance présidentielle. Face à un candidat qui a occupé pendant près de dix ans le portefeuille de l’économie et des finances et qui bénéficie de beaucoup d’avantages dont une classe de la mouvance unie avec des partis disposant des structures décentralisées fonctionnelles, la visibilité, un maillage politique et les moyens de l’État, celui qui sera désigné par l’opposition doit avoir certaines qualités indéniables. Le candidat du parti Les Démocrates à l’élection présidentielle doit avoir des arguments crédibles non seulement en économie, mais aussi sur le plan social, politique, et sur la promesse de changement. Il doit, par ailleurs, avoir les aptitudes à mobiliser l’électorat mécontent et frustré en raison de la mise en œuvre de nombreuses réformes jugées anti sociales par le régime de Patrice Talon.
En effet, si les politiques actuelles sont jugées insuffisantes sur le plan social, un candidat qui promet un changement tangible pourrait séduire un large électorat. Le plus grand défi qui attend le candidat de l’opposition pour l’échéance électorale d’avril 2026 reste et demeure sa capacité à coaliser les oppositions. Face à un candidat soutenu par la majorité présidentielle, l’unité au sein de l’opposition, une alliance stratégique pourrait peser significativement. En d’autres termes, le candidat doit être un rassembleur, proche des populations et qui propose des solutions crédibles sur ces sujets peut combler un déficit perçu. Même si l’aspect infrastructure ou macroéconomie est important, les électeurs sont sensibles aux questions de vie quotidienne dont la lutte contre le chômage, le coût de la vie, la santé et l’éducation.
Toutefois, ces aspects qui mettent le social au cœur de la gestion de la cité ne doivent pas replonger le pays dans la mauvaise gouvernance, le népotisme, la corruption, le détournement de fonds publics et les scandales financiers. Pour ce faire, le candidat de l’opposition doit faire preuve de fermeté et toujours maintenir la rigueur dans l’assainissement des finances publiques et la lutte contre l’impunité. Il doit disposer lui aussi des compétences, de l’expérience, ou du moins une vision claire, crédible, pour que l’écart perçu sur le plan économique ne soit pas inacceptable. Cela implique une certaine marque de probité et de transparence. Un candidat du parti Les Démocrates pourrait l’emporter s’il capitalise sur le mécontentement social et la soif de changement démocratique, présente un programme crédible et simple, accessible aux citoyens ordinaires, incarne la réconciliation, l’unité et l’avenir, sans tomber dans l’excès de revanche et réussit à élargir sa base au-delà des cercles de l’opposition classique. Il doit coupler dont la technocratie, la compétence, la discrétion et une politique publique qui met les populations au centre de son projet de société.
Mohamed Yèkini