Passé de 100 F à 200 F, le ticket du transport universitaire connaît une hausse de 100 % à la rentrée 2026-2027, couplée à l’instauration du paiement en ligne. Une mesure qui vise à moderniser le service, mais qui ne fait pas l’unanimité au sein de la communauté estudiantine. Entre soulagement pour certains et inquiétudes pour d’autres, les étudiants réagissent.
Après trois ans de suspension de ses activités, la reprise du transport universitaire pour le compte de cette rentrée académique a été annoncée avec une hausse du ticket du bus universitaire, qui passe de 100 F à 200 F. À cette augmentation s’ajoute désormais l’obligation de payer son abonnement en ligne via une plateforme dédiée. Merveille Metonou, étudiante en troisième année à la FASEG de l’UAC, salue le gouvernement pour la concrétisation de sa promesse et estime que le nouveau tarif reste accessible à l’étudiant moyen. « D’abord, je tiens à saluer le gouvernement pour la promesse tenue. C’était le souhait de tous les étudiants, surtout ceux qui résident très loin et qui doivent venir étudier à l’UAC », confie-t-elle. Abordant la question de la plateforme de réservation et de paiement en ligne, elle estime qu’elle permettra de mettre fin aux longues files d’attente observées par le passé : « C’est une manière de supprimer l’histoire des files d’attente qu’on observait par le passé ».
Sur le même diapason, la Secrétaire générale du Bureau de l’Union des Entités de la Faculté des Lettres, Langues, Arts et de la Communication (BUE/FLLAC), Dona Benoîte Ahissou, estime que l’augmentation du tarif permettra notamment de mieux prendre en charge la maintenance des bus en cas de panne. « Je pense qu’avec ça, au moment où il y aura des problèmes avec les bus, ils pourront facilement les réparer », explique-t-elle. À l’en croire, le tarif désormais exigé par l’État reste raisonnable au regard des dépenses quotidiennes des étudiants. « Si on devait prendre un bus et quitter Calavi pour Cotonou, on n’allait quand même pas payer 200 F. Je pense que les 200 F arrangent les étudiants qui quittent de loin », a-t-elle déclaré.
Toutefois, si la relance des bus universitaires est saluée par les précédentes intervenantes, l’instauration du paiement en ligne séduit également Anderson Megnon, nouveau bachelier et boursier. Pour lui, cette innovation apporte davantage de sécurité dans l’achat des tickets : « Sur la plateforme, l’achat des tickets serait plus sécurisé comparativement à ce qui se faisait avant, de main en main. » De son côté, Rodrigue Dakpo, ancien étudiant de l’UAC, ne trouve aucun inconvénient à la digitalisation du secteur. « Avec l’évolution de la technologie, l’État veut digitaliser tous les secteurs d’activité et moi, je trouve que c’est salutaire », affirme-t-il.
Pour sa part, la surcharge des bus universitaires par le passé inquiète Ezéchiel Sinzogan, ancien membre de l’Union nationale des étudiants du Bénin (UNEB). « Bien avant la suspension des bus universitaires, nous avions constaté une surcharge de ces bus, ce qui aurait contribué à la dégradation rapide des anciens bus. Je pense qu’avec la hausse des prix, chaque étudiant pourra désormais voyager dans de meilleures conditions, à l’aise et en toute sécurité », a-t-il déclaré. Il exhorte également l’État à assurer un suivi rigoureux de la gestion de ces moyens de transport afin de garantir leur résistance et leur durabilité. « J’aimerais humblement solliciter du gouvernement qu’il puisse effectuer des descentes inopinées afin de constater de visu la gestion et l’utilisation de ces moyens de transport universitaire, même si la gestion est le monopole de La Poste du Bénin. Cette démarche permettrait de s’assurer qu’ils sont convenablement gérés et préservés, afin que les générations futures puissent également en bénéficier », a-t-il ajouté.
Sous réserve, les étudiants restent fixés sur le 21 septembre prochain pour voir ce qu’il sera réellement de la reprise du transport universitaire.
Alola BIAOU