Deux semaines après la disparition du journaliste nigérien Moussa Kaka, Reporters sans frontières (RSF) dénonce une situation « d’une extrême gravité ». Invité dans l’émission « Le Grand Invité d’Afrique » ce mardi 15 septembre sur RFI, Sadibou Marong, directeur du bureau de RSF pour l’Afrique subsaharienne estime que les autorités militaires nigériennes pourraient être impliquées et appelle à faire toute la lumière sur cette affaire.
Le silence autour de Moussa Kaka continue d’inquiéter le monde de la presse. Interrogé par Christophe Boisbouvier sur RFI, Sadibou Marong, directeur du bureau de Reporters sans frontières (RSF) pour l’Afrique subsaharienne n’écarte plus l’idée selon laquelle, la junte militaire au pouvoir dirigée par le général Abdouramane Tiani serait impliquée dans la « disparition forcée » du journaliste.
« Cela fait 2 semaines dans 15 jours que Moussa Kaka qui est journaliste renommé et un des vétérans de la presse au Niger n’a pas fait signe de vie. Nous estimons que nous sommes désormais dans une situation d’une extrême gravité. Et sommes légitimement en face d’un cas de disparition forcée puisque nous avons toutes les raisons de penser que les autorités militaires ou des éléments qui leur seraient liés, y sont pour quelque chose. Et en tout état de cause, leur responsabilité est engagée puisqu’à ce jour, elles n’ont pas ouvert d’enquête afin de retrouver Moussa et d’établir les circonstances de sa disparition », a-t-il expliqué.
Après avoir quitté son bureau à Niamey, le directeur général de Radio Télévision Saraounia (RTS) n’a plus donné signe de vie depuis le 31 août, au lendemain de la mutinerie du 28 au 29 août dernier. RSF avait avait demandé aux autorités d’ouvrir une enquête, chose qui n’a pas été faite ou du moins été annoncée par le gouvernement nigérien jusqu’à présent.
Cette disparition intervient dans un contexte de forte dégradation de la liberté de la presse au Niger. Dans son classement 2026, RSF place le pays au 120e rang sur 180, soit une chute de 37 places, la plus importante enregistrée cette année.
L’organisation dénonce notamment l’utilisation de la loi sur la cybercriminalité contre des journalistes. Pour RSF, la multiplication des détentions, disparitions et pressions risque de transformer le Sahel en véritable « trou noir de l’information ».
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU