Depuis quelques heures, l’architecture institutionnelle du Bénin renferme une nouvelle institution, le Sénat qui est la deuxième chambre de l’Assemblée nationale. Après leur installation, les nouveaux sénateurs ont donné leurs impressions quant aux attentes et les défis. Lisez
Robert Dossou
<<< Mon ressenti, c’est la lourdeur d’une charge qui est nouvelle. Ce n’est jamais facile pour un organe nouveau de s’insérer dans l’architecture institutionnelle d’un pays. Cela a été la même chose en moins grave que maintenant pour la Cour constitutionnelle. Certains l’avaient accueillie avec enthousiasme, certains avec beaucoup d’interrogations et beaucoup de suspicions. Cela ne fut pas facile à Mme Elisabeth Pouillon, qui a eu à diriger cette institution pour la première fois. Cela n’a pas non plus été facile pour ceux qui lui ont succédé. Il en sera de même pour le Sénat, et même pire, parce que le Sénat est situé directement pour intervenir dans un champ politique. Il faut le dire, mais ce qui est certain, les hommes et les femmes chargées d’animer et d’intégrer complètement cette institution dans notre architecture institutionnelle le feront avec beaucoup de clairvoyance, de détermination, de sagesse, de proportionnalité et d’adaptabilité aux exigences de l’état de droit, des droits de l’homme et de notre démocratie ».
Théodore Holo
« La collaboration était déjà prévue par la constitution. Il y a certaines lois, par exemple les lois constitutionnelles, les lois électorales, les lois relatives à l’avis des partis politiques et à leurs activités, ne sont objets de promulgation qu’à l’absence d’un avis de non-réception de la part du Sénat. Ce qui suppose qu’il y aura des échanges entre l’Assemblée nationale et le Sénat sous certaines dispositions, pour s’assurer qu’effectivement le Sénat, par rapport à cette catégorie de loi, n’a pas d’objection avant que ça ne puisse être promulgué. S’il y a objection, la loi doit être reprise pour tenir compte des éléments proposés par le Sénat. Le Sénat n’a pas l’initiative des lois, mais peut demander sous certaines conditions une seconde lecture. Et quand la seconde lecture est faite, quelquefois le Sénat peut être l’arbitre pour garantir la promulgation de la loi en tenant compte soit de la version décidée par le Parlement, soit de la version du Président de la République. Tout ceci est déjà programmé par la Constitution, nous allons nous organiser en conséquence, parce que nous sommes là pour collaborer, nous ne sommes pas là pour être en conflit, et notre travail vise à préserver la paix dans le pays, la stabilité des institutions et le renforcement de la démocratie. A l’endroit des Béninois qui ont eu une attente forte à l’endroit de ce Sénat, je dirai que les Béninois sont des citoyens, et la Constitution, comme l’activité politique, vise à créer les conditions d’un vivre ensemble en harmonie. S’il y a des choses qui posent problème, conformément aux lois de la République, il est important de les exprimer pour que les gouvernants en tiennent compte, pour adapter le comportement, les règles du jeu à cette préoccupation pour que nous puissions préserver l’harmonie dans notre pays, parce qu’un pays sans harmonie ne peut pas assurer le développement. Et le développement également, c’est à mon avis la liberté, la paix, la sécurité, et la sécurité. On ne peut pas le faire en ignorant la volonté des citoyens. C’est leurs impôts qui permettent à l’État de pouvoir réaliser ces choses, ou c’est leurs petits-enfants qui vont rembourser les dettes contractées auprès des organisations internationales pour réaliser ces choses, d’où la nécessité de tenir compte de leurs besoins réels avant de pouvoir s’engager dans ces voies. Donc le Sénat est là pour être au service de la paix, pour être au service de la stabilité, et pour être au service de la démocratie »
Patrice Talon
<< Je suis fier et honoré. C’est un honneur que nous fait le peuple béninois. Toutes les fois qu’une nation aussi grande que le Bénin fait honneur à quelqu’un, vous imaginez quelle peut être l’émotion de cette personne-là. Donc je suis assez ému de pouvoir honorer à nouveau mon pays, de cet honneur que lui me fait. Donc je siège, je ne peux que dire merci au peuple béninois. Cette génération de dirigeants, qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes pour notre développement commun. Partout on peut servir, on ne va pas manquer de le faire. »