La première mandature du Sénat est officiellement installée. Cette cérémonie, hautement symbolique, a réuni les nouveaux sénateurs, la vice-présidente de la République, les présidents des institutions de la République, le Bureau de l’Assemblée nationale, plusieurs membres du gouvernement, des responsables politiques ainsi que les familles et proches des élus. Pourtant, au milieu de ce parterre de personnalités, une absence a attiré les attentions, celle du président de la République, Romuald Wadagni. Sur le plan juridique et constitutionnel, aucun texte ni aucune disposition n’imposait la présence du chef de l’État à cette cérémonie.
Son absence ne constitue donc ni une entorse aux règles institutionnelles ni une irrégularité de procédure. Cependant la politique ne se résume pas aux seules exigences du droit. Dans ce registre, la présence de Romuald Wadagni aurait donné une portée encore plus solennelle à cet événement historique. Le Sénat est l’une des principales innovations institutionnelles issues de la réforme constitutionnelle. À ce titre, le chef de l’État aurait pu apparaître comme celui qui vient consacrer officiellement la naissance effective de cette institution. Au-delà du protocole, une telle présence pourrait être une manière de soutenir cette institution. Elle aurait également permis d’envoyer un signal fort quant à la volonté de l’Exécutif de travailler avec le Sénat. Cette absence intervient cependant dans un contexte particulier.
Depuis l’annonce de la création du Sénat, les débats restent nourris sur ses véritables prérogatives. Pour une partie de l’opinion, cette chambre est appelée à renforcer les mécanismes de contrôle de l’action présidentielle et à exercer une mission de contrepoids dans le fonctionnement des institutions. Dans ces conditions, l’absence du président de la République ne manque pas d’alimenter les interprétations. Il serait sans doute excessif d’en tirer des conclusions définitives. Néanmoins en politique, les absences parlent parfois autant que les présences. Pour une première historique, la participation du chef de l’État aurait sans doute dissipé bien de doute et renforcé l’image d’une adhésion pleine et entière de l’Exécutif.
M.Y