Une déclaration qui pourrait irriter les sankaristes. Lors de sa dernière sortie médiatique à Ouagadougou, Ibrahim Traoré a tenu des propos vrais mais peu gentils sur le guide de la première révolution burkinabè. Dans un discours relayé sur les réseaux sociaux, le chef de l’État burkinabè revient sur les circonstances de son arrivée au pouvoir et fait la différence entre Thomas Sankara et lui sur la manière dont ils ont pris chacun.
« Je vous dirai une chose, que ce soit clair dans la tête de tout un chacun. Le contexte que nous vivons, ce n’est pas le contexte de 1987. Que ce soit clair. Moi, je n’étais pas en prison, et que quelqu’un vienne me chercher en prison pour me mettre au pouvoir, comme ce fut le cas avec Conseil national de la révolution (CNR), ce n’est pas notre histoire. Oui, Sankara était en prison. Ils sont venus le libérer et l’ont mis au pouvoir.
C’est normal qu’on parle peut-être de numéro 1, de numéro 2, je ne sais quoi. Ce n’est pas notre contexte. Moi, quand je suis parti avec mes hommes, j’étais en tête. Il n’y avait pas un seul soldat devant moi.Donc, ce n’est pas la même chose. Ce n’est pas que je suis venu à Ouagadougou m’asseoir, me cacher dans une villa, et dire aux gars : « Allez-y faire », puis le soir me bomber la poitrine devant la RTB. Ce n’est pas comme ça.
Quand la 14,5 a tourné, j’étais à moins de 100 mètres, et j’étais la première victime. Donc, évitez de faire l’amalgame. Il n’y a ni numéro 1, ni numéro 2,il n’y a pas deux capitaines dans un bateau. C’est clair, c’est net. Si maintenant, par vos communications, vos voix, vous croyez que quelqu’un est fort, vous allez créer des problèmes à cette personne. Vous assumerez ensemble les conséquences de vos problèmes, et ce sera clair.
Autre chose : tous ceux qui travaillent avec moi connaissent ma ligne de conduite.
J’ai une mission. Eux tous suivent cette mission. C’est pour ça que nous sommes là.
Si quelqu’un me trahit, je vais le mater sans état d’âme ».