La proposition de Donald Trump d’imposer une taxe de 20 % sur les cargaisons transitant par le détroit d’Ormuz suscite une vague de critiques à travers le monde. Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva accuse Washington de vouloir transformer les États-Unis en « État pirate ».
Le président américain a annoncé lundi dernier sur son réseau Truth Social que les États-Unis deviendraient le « gardien du détroit d’Ormuz » et prélèveraient une taxe équivalente à 20 % de la valeur des cargaisons transportées par les navires empruntant cette voie stratégique. Donald Trump justifie cette mesure par les coûts engagés pour assurer la sécurité de cette route maritime, par laquelle transite environ un cinquième du commerce mondial de pétrole.
En déplacement ce mardi 14 juillet à São Caetano do Sul au sud-est du Brésil, le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a vivement condamné cette initiative. « Autrefois, on appelait cela de la piraterie », a-t-il déclaré, estimant qu’un pays ayant longtemps combattu la piraterie « ne peut pas aujourd’hui se comporter en pirate ». Pour le dirigeant brésilien, il est inacceptable de tirer profit d’une crise internationale qui renchérit déjà les prix des carburants et des denrées alimentaires.
Sur les marchés, l’annonce a déjà provoqué une flambée des cours du pétrole et ravivé les craintes d’une hausse des coûts du transport maritime. Faute de précisions sur les modalités d’application de cette taxe, les armateurs et les États importateurs attendent désormais d’éventuelles clarifications de Washington. La communauté internationale appelle à privilégier les mécanismes prévus par le droit international plutôt que des mesures unilatérales.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU