L’espoir suscité par le rapprochement diplomatique entre le Bénin et le Niger peine à produire ses effets. Ce qui était présenté comme une excellente nouvelle pour les populations des deux pays peine toujours à se réaliser. Plusieurs semaines après les annonces faites à l’issue des discussions entre Cotonou et Niamey, l’ouverture effective de la frontière reste un vœu non réalisé. Les actes peinent à se joindre à la parole.
Lors de sa dernière visite de travail au Niger, le président de la République du Bénin, Romuald Wadagni, et son homologue du Niger, Abdouramane Tiani, avaient affiché leur volonté commune de donner une nouvelle dynamique à la coopération entre les deux pays. Les deux chefs d’État avaient assuré que toutes les dispositions diplomatiques seront prises afin que la réouverture de la frontière ne soit plus qu’une question de semaines. Pour rendre effective cette volonté, les deux États ont multiplié les initiatives.
Des comités ad hoc ont été installés de part et d’autre. Des missions techniques ont travaillé sur les différents points de désaccord. Les conclusions de leurs travaux ont été remises aux deux présidents. Une délégation nigérienne s’est même rendue à Cotonou où de nouveaux pourparlers ont été engagés avec les autorités béninoises. Tout semblait alors réuni pour assister à l’ouverture de la frontière. Mais depuis, plus rien. Le silence a repris place et la frontière demeure fermée. Le processus paraît désormais bloqué en « métaphase 2 », comme suspendu à une décision qui tarde à venir. Qu’est-ce qui bloque encore l’ouverture effective de cette frontière ? Qu’est ce qui freine la dynamique engagée ?
Selon des sources indiscrètes, les dernières exigences formulées par la partie nigérienne expliquent ce ralentissement. Parmi elles figureraient notamment des préoccupations liées à la présence de bases militaires étrangères au Bénin. Des conditions auxquelles les autorités béninoises ne semblent pas encore disposées à souscrire. Au-delà des considérations diplomatiques, il faut rappeler que les premières victimes de cette fermeture prolongée sont les citoyens. Il est donc temps que les intérêts supérieurs des peuples prennent le dessus sur les calculs politiques. Le président Romuald Wadagni et le général Abdouramane Tiani ont aujourd’hui une responsabilité historique. Ils doivent poursuivre le dialogue et rechercher le juste milieu qui permettra de préserver les intérêts stratégiques de chaque État sans sacrifier le bien-être des populations.
Alassane Toure