( Le maire Koty annonce la fin de la récréation)
En affirmant qu’Abomey-Calavi est réputée pour être une commune de « mafia foncière », le nouveau maire, Nathanaël Koty, a brisé un tabou longtemps entretenu autour de la gestion du foncier. Sa promesse de restaurer l’image de la commune relance le débat sur un phénomène qui a fait de nombreuses victimes au fil des années. Une question demeure : les autorités précédentes ont-elles réellement tout mis en œuvre pour combattre ce fléau ?
« Abomey-Calavi est réputée être une commune de mafia foncière. Nous travaillerons à restaurer l’image de la commune dans le domaine du foncier ». Par cette déclaration sans détour, le maire d’Abomey-Calavi, Nathanaël Koty, reconnaît publiquement une réalité dont les populations parlent depuis des années. La question foncière est en effet l’un des sujets les plus sensibles dans cette commune en pleine expansion. Doubles ventes de parcelles, litiges interminables, faux documents, conflits entre acquéreurs et présumés propriétaires : les affaires se sont multipliées au point de ternir durablement l’image de cette commune du Bénin.
En effet, en annonçant sa volonté de restaurer la crédibilité d’Abomey-Calavi dans ce secteur, le maire envoie un signal fort aux populations, aux investisseurs et aux acteurs du foncier. Son engagement laisse espérer une nouvelle ère marquée par davantage de transparence, de rigueur administrative et de sécurité juridique.
Mais cette sortie soulève également plusieurs interrogations. Si le phénomène est aussi connu et reconnu aujourd’hui, pourquoi a-t-il perduré pendant si longtemps ? Les différentes équipes municipales qui se sont succédé à la tête de la commune ont-elles été dépassées par l’ampleur du problème ou ont-elles, volontairement ou non, fermé les yeux sur certaines pratiques ? Sans apporter de réponse définitive à ces questions, les propos du maire ont le mérite de remettre le débat sur la place publique. Ils créent également une attente forte au sein des populations qui souhaitent désormais voir des actions concrètes suivre les déclarations.
La fin de la mafia foncière a-t-elle véritablement sonné à Abomey-Calavi ? Les prochains mois permettront de mesurer la portée réelle de cet engagement et de vérifier si la commune est enfin prête à tourner l’une des pages les plus controversées de son histoire récente.
ASG