Le gouvernement canadien a déposé un projet de loi pour interdire l’accès aux réseaux sociaux aux enfants de moins de 16 ans. Le texte prévoit des exemptions pour les plateformes qui prouvent qu’elles respectent des normes de sécurité strictes.
Quelques mois après l’Australie, le Canada se dote d’un arsenal législatif contre l’addiction numérique des jeunes. Le projet de loi sur la sécurité numérique, déposé par le gouvernement Trudeau, vise à bannir TikTok, Instagram, Snapchat et X pour les moins de 16 ans. L’objectif est clair : protéger la santé mentale des adolescents face aux algorithmes jugés trop addictifs.
Le texte ne ferme pas la porte à toutes les plateformes. Celles qui mettent en place une vérification d’âge fiable, des contrôles parentaux renforcés et des algorithmes moins agressifs pourront échapper à l’interdiction. Les géants du web devront aussi limiter l’exposition aux contenus nocifs et violents. En cas de non-conformité, des amendes salées sont prévues, à l’image des sanctions infligées aux plateformes par l’Union européenne.
Le gouvernement justifie sa démarche par une montée des cas de dépression, d’anxiété et de troubles du sommeil chez les 12-15 ans. Des pédiatres et associations de parents réclamaient depuis des années une régulation plus ferme. Pour eux, les réseaux sociaux exploitent la vulnérabilité des jeunes cerveaux pour maximiser le temps d’écran. Le Canada veut donc faire passer le principe de « sécurité par défaut ».
Toutefois le projet divise. Les défenseurs des libertés civiles dénoncent un risque pour la vie privée lié à la vérification d’âge obligatoire. Les plateformes, de leur côté, redoutent une censure déguisée et un accès inégal à l’information pour les jeunes. Meta et TikTok plaident pour l’éducation numérique plutôt que l’interdiction pure.
Avec cette initiative, le Canada devient le deuxième pays du G7 à légiférer aussi sévèrement après l’Australie, pionnière en 2024. Si le texte est adopté par le Parlement, il marquera un tournant dans la régulation mondiale du numérique. Les autres démocraties occidentales observent de près ce test grandeur nature.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU