Ils sont très peu de béninois à aller aux urnes hier 12 Avril 2026. Sur toute l’étendue du territoire national, le scrutin s’est déroulé sans grand bruit et encore moins d’engouement des populations béninoises qui ont déserté les postes de votes. Pour choisir entre les deux duos en lice, notamment Wadagni-Talata et Hounkpè-Hounwanou, le peuple béninois a, apparemment, choisi rester chez lui pour exprimer sa désapprobation du processus électoral tel que conduit par les instances en charge du scrutin et surtout pour sanctionner la gouvernance du régime finissant.
Le taux de participation des béninois au vote de ce dimanche 12 Avril 2026 risque d’être pire que celui enregistré au terme des communales et législatives du 11 Janvier dernier. Pour cause, les bureaux de votes ont souffert d’électeurs sur qui comptent pourtant les deux duos pour légitimer leur élection. A l’EPP Aïbatin à Cotonou où a voté Rock Hounwnou, colistier de Paul Hounkpè, les agents des 6 postes de vote que compte ce centre de votes ont pratiquement somnolé toute la journée pour défaut d’affluence d’électeurs. A Sèmè-Kpodji, la participation est minime. A Porto Novo, il y a eu un peut d’engouement mais les attentes en matière de participation n’ont pas été comblées. Dans la commune d’Abomey-Calavi, le même scénario a été enregistré notamment à Akassato, à Godomey et dans bien d’autres localités. Sékou et Glo-Djigbé ne sont pas sortis pour voter tout comme Allada où nombre de bureaux de votes ont, toute le journée, attendu en vain les inscrits qui ont malheureusement choisi ne pas accomplir leur devoir civique. Au Centre du Bénin, le désintéressement des populations est plus catastrophique à Dassa, Savè, Glazoué, Bantè, Savalou et Ouèssè. Dans le septentrion, c’est plutôt une vengeance pour les populations de ne pas sortir voter à cette élection qui ne compte que deux duos, tous de la mouvance selon Ibrahim, ce conducteur de Camion qui s’indigne de la gouvernance de la rupture dont est comptable autant que Talon, le candidat Wadagni. « Je ne sais pourquoi je vais me gêner pour aller perdre mon temps à voter alors qu’on sait qu’on a un seul candidat déjà élu depuis la validation de sa candidature », s’interroge Damien Atchallou pour justifier son boycott du scrutin avant de préciser qu’il lui faut un minimum de 30.000 FCFA pour aller à son bureau de vote et revenir à Cotonou, s’il doit voter alors qu’il n’y a pas d’enjeu. « J’ai mon bureau de vote à Bantè et je réside à Cotonou. Pour les communales et législatives dernières, j’ai été voter parce que presque toutes les composantes de la politique béninoise, mouvance et opposition, étaient représentées. Il y avait d’enjeu. Avec ma petite voiture, il me faut au moins 40.000 de carburant pour faire aller retour Cotonou Bantè. Devrais-je effectuer encore ce voyage pour une élection où sait d’avance l’élu ? J’ai choisi rester tranquillement chez moi…», fait savoir Jean D. « Moi aller encore voter pour des gens qui ont détruit la vie de mes parents en les empêchant de ventre leur Soja et Cajou ? Quelle différence il y a-t-il entre celui qui est là actuellement et celui qui veut le remplacer après cette élection qui n’est qu’une simple formalité ? C’est du même au pareil. Je préfère m’abstenir au lieu d’aller perdre mon temps à valider leur commérage. Nous avons souffert pendant 10 ans dans leurs mains et on s’apprête à renouveler notre misère. Moi, je ne peux pas cautionner cela…», justifie Abdoulaye Nouroudine au téléphone, un diplômé sans emploi natif de Parakou.
De toute évidence, la présidentielle du 12 Avril 2026 a eu lieu mais sans la majorité des béninois qui a choisi rester chez lui pour diverses raisons. L’absence de la vraie opposition à la présidentielle et la gouvernance du régime finissant ces 10 dernières années ont contribué largement à l’augmentation du taux d’abstention qui risque de battre le record de celui de toutes les élections organisées au Bénin depuis 1990.
Norbert Adjakoun