Au Bénin, l’élection présidentielle devant conduire à la désignation du successeur de Patrice Talon s’est tenue dimanche 12 avril 2026. Alors que le vote a globalement démarré dans des conditions jugées satisfaisantes, plusieurs irrégularités majeures, en violation des dispositions du code électoral, ont été relevées dès la matinée. Selon la déclaration de la Plateforme électorale des organisations de la société civile (Osc) du Bénin, il s’agit, entre autres, des ouvertures des postes de vote avant l’heure légale, des urnes déjà remplies et des cas de votes multiples. Ces anomalies sont les signes d’une magouille électorale.
La Plateforme électorale des organisations de la société civile (Peosc) a relevé des irrégularités dans le démarrage du scrutin présidentiel de 12 avril 2026 au Bénin. Selon la déclaration lue par Général Étienne Adossou, au total, 109 alertes ont été remontées à la Sse au cours de la matinée grâce aux 1200 observateurs répartis dans les postes de vote sur le territoire national. « La majorité des opérations se déroulent dans le respect des normes, mais des manquements graves à la réglementation électorale ont été signalés », a indiqué la Plateforme. Ils concernent principalement des ouvertures avant l’heure légale (7 heures) conformément à l’article 62 du code électoral, des tentatives de dissimulation d’irrégularités, des cas de bourrage d’urnes et des votes multiples. Selon les données de la plateforme analysées à 10 heures, 1114 postes de vote sur 1200, environ 23 ont démarré avant 7h. A Ouanho dans la commune d’Avrankou, la plateforme a constaté que le premier votant a introduit son bulletin dans l’urne à 6h50 minutes. « Certains membres de postes de vote ont tenté de masquer ces irrégularités en indiquant fictivement 7h comme heure de démarrage », a -t-on écrit dans la déclaration. La Peosc a également constaté des retards précisément à « Pv01 Epp Kalé/Kihouhou/Ounet/Banikoara/Alibori qui a ouvert à 09 H 29 minutes et PV02 Epp Fombawi/Ouenou/Nikki/Alibori », a notifié la déclaration.
Des fraudes présumées aggravées
En dehors des ouvertures anticipées et des retards constatés, les observateurs de la Société civile ont fait remarquer des faits particulièrement préoccupants assimilables à des tentatives de fraude électorale. A titre d’exemple, à Agblangandan dans la commune de Sèmè-Podji, au poste de vote n°1 (PV01) /Place publique Agbalilame, des bulletins étaient déjà dans urnes avant 6h30. « Le Président du poste de vote a notifié qu’il y avait déjà plus de 120 bulletins dans l’urne alors que les prétendus votants n’ont émargé dans aucun registre », a relevé la plateforme électorale dans sa déclaration. En outre, au Pv01 Epp Lac Agbodjedo/Arrondissement3/Cotonou/Littoral, l’urne était déjà remplie à 6h20, au Pv01 à Epp Tenonrou/Kika/Tchaourou/Borgou, elle l’était à 6h45. Des cas de bourrage d’urnes ont été documentés, notamment dans des postes de vote à Tori-Bossito et Allada, où des bulletins ont été introduits dans les urnes avant même le début officiel du scrutin. « Des situations de bourrage d’urnes ont été relevées dans certains postes de vote », a rapporté la Plateforme. Pis, plusieurs situations de vote multiple par une seule personne ont été observées dans différentes localités, notamment à Toviklin, Athiémé, Aguégués et Bopa. « Des cas de vote multiple ont également été signalés, portant atteinte au principe d’égalité des suffrages », a déploré la Plateforme. Face à ces constats, la Plateforme électorale des Osc appelle à la responsabilité de tous les acteurs. Elle a invité la Commission électorale nationale autonome à « maintenir le bon déroulement des opérations de vote », les parquets compétents à « faire le suivi des infractions commises », et les forces de sécurité à « renforcer la protection des électeurs et des observateurs ».
Mohamed Yèkini