Football béninois : des stades fermés, des villes qui perdent en attractivité
Le championnat professionnel béninois se poursuit, mais plusieurs clubs évoluent loin de leurs villes d’origine, faute de stades homologués ou en raison de travaux de rénovation. Cette situation pénalise la vie sportive locale et réduit l’attractivité des villes concernées.

À Cotonou, Abomey-Calavi, Porto-Novo et Parakou, aucun match de Ligue 1 ou de Ligue 2 ne se dispute actuellement. Les travaux de rénovation sont régulièrement avancés pour justifier cette situation. Pourtant, ces chantiers ne datent pas d’hier. Voilà bientôt deux ans qu’ils se poursuivent, sans permettre aux équipes concernées de retrouver leurs installations.
En attendant, le championnat continue dans des conditions qui les obligent à recevoir leurs adversaires ailleurs. En effet, L’AS Cotonou et l’ASPAC accueillent ainsi leurs adversaires à Toffo, les Dragons de l’Ouémé à Avrankou et les Buffles du Borgou à Nikki. Des clubs qui représentent de grandes villes du pays sont contraints de s’en éloigner pour disputer leurs rencontres à domicile.
Une situation qui soulève des interrogations sur les conditions de déroulement du championnat, mais aussi sur ses conséquences pour les localités privées de ces rendez-vous sportifs.
Des supporters éloignés, des villes moins animées
Un match à domicile ne se résume pas à une rencontre inscrite au calendrier. C’est un rendez-vous entre un club et ses supporters, un moment de rassemblement et une occasion de faire vivre le football dans sa ville. Lorsqu’une équipe joue à plusieurs kilomètres de son public habituel, ce lien devient plus difficile à entretenir.
L’autre souci, c’est que tous les supporters ne disposent pas du temps ni des moyens nécessaires pour effectuer le déplacement. Certains préfèrent alors rester chez eux, au risque de voir les tribunes moins fréquentées. Pour les clubs, cette situation peut affecter les recettes de billetterie et fragiliser la fidélité du public.
Les conséquences dépassent toutefois le cadre sportif. Les jours de match, les petits commerces et les vendeurs installés aux abords des stades peuvent bénéficier de l’affluence. Ces rencontres contribuent aussi à l’animation de la vie locale en rassemblant différentes catégories de la population. Lorsque les équipes jouent ailleurs, ces occasions profitent à d’autres localités.
À terme, cet éloignement risque d’affaiblir l’ancrage local des clubs et de priver leurs villes d’une partie des retombées économiques et sociales liées aux rencontres à domicile. Au-delà du spectacle sportif, c’est donc toute une dynamique locale qui se trouve fragilisée.
Des travaux qui s’éternisent, des réponses attendues
L’homologation des stades est indispensable pour garantir la sécurité des joueurs, des officiels et du public. Les exigences de mise aux normes sont donc compréhensibles. Encore faut-il que les travaux avancent dans des délais raisonnables et que les acteurs concernés disposent d’informations précises sur leur achèvement.
Le stade Charles-de-Gaulle de Porto-Novo est notamment concerné par les rénovations. À Cotonou, Abomey-Calavi et Parakou, les clubs attendent également de retrouver des installations conformes. Après près de deux ans de travaux, la question des délais mérite désormais des réponses claires.
La Fédération béninoise de football, les pouvoirs publics et les collectivités territoriales concernées doivent prendre leurs responsabilités. Les clubs, leurs supporters et les populations ont besoin de connaître l’état d’avancement des chantiers ainsi que les échéances envisagées pour leur livraison. Cette visibilité est essentielle pour préparer le retour des matchs dans les villes concernées.
Les clubs ne peuvent pas rester indéfiniment dépendants de terrains situés dans d’autres localités. Les autorités compétentes sont donc attendues sur des mesures concrètes et un calendrier clair de réouverture des stades. Car, au-delà du football, c’est aussi l’attractivité des villes et leur dynamisme local qui sont en jeu.
Le développement du football professionnel ne peut se limiter à l’organisation des rencontres et au respect du calendrier. Il repose aussi sur des infrastructures fonctionnelles, capables de rapprocher les équipes de leur public et de faire vivre le sport au cœur des communautés.
Alola BIAOU










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