Mariage des enfants au Bénin :336 cas en 18 mois : l'urgence d'agir
Malgré les campagnes de sensibilisation et les initiatives engagées pour protéger les filles, le mariage des enfants demeure une réalité préoccupante au Bénin. Entre janvier 2025 et juin 2026, 336 cas ont été enregistrés par la Ligne d’Assistance aux Enfants (LAE). Des chiffres qui interpellent et rappellent que la volonté politique doit désormais se traduire par des résultats tangibles.

Le mariage des enfants n’a pas disparu. Et les chiffres le prouvent. En seulement 18 mois, le Bénin a enregistré 336 cas de mariage impliquant des enfants de moins de 18 ans. Cela représente environ 19 cas par mois, soit plus de quatre cas par semaine. Derrière ces statistiques, il y a des filles dont l’enfance est brutalement interrompue, des rêves compromis et des avenirs fragilisés.
En effet, ces données, rappelées le 6 octobre 2026 à Cotonou par la ministre de la Famille et de l’Action sociale, Véronique Tognifodé, à l’occasion de la Journée internationale de la fille, devraient susciter une véritable prise de conscience collective. Car il est difficile d’imaginer qu’à notre époque, des enfants soient encore confrontés à une pratique qui les prive de leur droit à l’éducation, à la santé, à la liberté de choisir leur avenir et de grandir à leur rythme.
Il faut reconnaître que les autorités béninoises ont pris la mesure du problème. Le lancement, en 2017, de la campagne « Tolérance zéro » et la mise en place de comités villageois de veille témoignent d’une volonté de combattre ce fléau. L’engagement du gouvernement dans cette lutte est une nécessité pour préserver les droits des filles. Mais une question demeure. Si des dispositifs existent, pourquoi des enfants continuent-ils d’être mariés avant l’âge légal ? Les initiatives engagées doivent faire l’objet d’un suivi rigoureux, particulièrement dans les localités du septentrion où le phénomène est signalé comme préoccupant.
Protéger les filles, au-delà des discours
La lutte contre le mariage des enfants ne saurait se limiter aux journées de sensibilisation. Elle exige une présence accrue des services sociaux, une application effective des textes, la responsabilisation des auteurs et des familles, ainsi qu’un accompagnement des filles exposées à cette pratique. Le gouvernement a donc raison de faire de ce combat une priorité. Toutefois, l’heure n’est plus seulement à la multiplication des initiatives, mais à la démonstration de leur efficacité. Chaque fille sauvée d’un mariage précoce est une victoire. Chaque cas évité est un avenir préservé.
336 cas en 18 mois : ce chiffre ne doit pas devenir une simple statistique de plus. Il doit servir de signal d’alarme et pousser à l’action. Car protéger les filles, c’est investir dans l’avenir du Bénin.
ASG












Commentaires (0)