Inondation à Ouinhi : Le Ceg Tohouès sous l'eau depuis 2 semaines
À Ouinhi, dans le département du Zou, les eaux ont transformé le CEG des Tohouès en un établissement fantôme. Depuis plus de deux semaines, 346 élèves subissent les conséquences des inondations, tandis que les responsables locaux peinent à s’accorder sur une solution durable. Entre délocalisation et maintien du collège sur son site actuel, l’avenir scolaire des apprenants reste en eaux troubles.

À Tohouès, l’école semble chaque année payer le tribut des caprices des eaux. Salles de classe inondées, mobilier menacé et accès possible uniquement en pirogue : le tableau est désolant. Depuis deux semaines, les élèves de 6e, de 5e et de 4e sont privés de cours. Seuls ceux de 3e, candidats au BEPC, ont pu trouver refuge à l’École primaire publique de Dokodji.
En effet, créé en 2009, le collège subit pourtant un phénomène cyclique, avec des interruptions pouvant atteindre deux mois. Comment accepter qu’après plus de quinze ans d’existence, un établissement scolaire public demeure aussi vulnérable aux inondations ? L’urgence ne réside plus seulement dans le rattrapage des cours, mais dans la recherche d’une réponse structurelle à cette catastrophe annoncée.
Délocaliser ou rester : la querelle de trop
Face au désastre, le directeur, Hermann Tossou, plaide pour une délocalisation vers un site moins exposé. Une position compréhensible au regard des interruptions répétées et de leurs conséquences sur les apprentissages. Mais le chef d’arrondissement de Tohouès, Fidèle Dinel Nahoun, oppose une réserve de taille : la majorité des élèves réside dans le village central, et l’emplacement actuel facilite l’accès au collège pour plusieurs localités. Derrière cette divergence se joue un véritable dilemme : faut-il privilégier la sécurité et la continuité pédagogique ou préserver la proximité géographique de l’établissement ? Le débat est légitime. Toutefois, il devient préoccupant si les désaccords retardent une décision concrète.
Par ailleurs, le recours temporaire à l’EPP de Dokodji mérite d’être étudié sérieusement pour accueillir tous les élèves pendant les crues. Mais au-delà des solutions provisoires, les autorités communales et éducatives doivent agir de concert.
Car, à Tohouès, l’eau ne menace pas seulement des bâtiments : elle compromet l’avenir de centaines d’enfants. Et dans cette bataille, les élèves ne devraient jamais être les premières victimes des hésitations des adultes.
ASG











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