Ebola : l’ONU fait confiance au dispositif de riposte du Nigeria
L’Organisation des Nations unies (ONU) se dit confiante dans la capacité du Nigeria à contenir le cas d’Ebola Bundibugyo confirmé à Abuja, tout en appelant à une coopération internationale renforcée. Cette assurance intervient alors que l’apparition du virus chez le voisin nigérian souligne les risques de propagation transfrontalière en Afrique de l’Ouest.

S’exprimant mercredi 21 octobre auprès de l’Agence de presse du Nigeria (NAN), le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, a salué la réaction des autorités sanitaires nigérianes. « Nous avons pleinement confiance dans l’aptitude et les capacités des autorités sanitaires du gouvernement nigérian à gérer ce cas isolé », a-t-il déclaré.
Le responsable onusien a néanmoins reconnu que la détection du virus dans un nouveau pays était préoccupante. Il a appelé les États à respecter le Règlement sanitaire international et à travailler avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS). « Nous sommes, comme toujours, prêts à aider le gouvernement du Nigeria de toutes les manières possibles », a-t-il assuré.
Vu la propagation du virus vers des pays non frontaliers avec la RDC, tous les ministres de la Santé du continent sont convoqués pour une réunion virtuelle par l'agence de santé de l'Union africaine (Africa CDC) le 28 octobre prochain.
Confirmée le 20 octobre, l’infection identifiée au Nigéria, concerne une femme diplomate récemment arrivée d’Ouganda. Selon l’OMS, elle est prise en charge en isolement et 44 contacts ont été identifiés pour surveillance.
Bénin : un dispositif à élargir au-delà de l’aéroport
Au Bénin, le gouvernement a activé des mesures préventives. Le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, a inspecté le 21 octobre le dispositif de l’aéroport international de Cotonou, qui comprend des caméras thermiques et des salles d’isolement. La mobilisation de la plateforme multisectorielle « One Health » complète cette préparation.
Cette initiative est à saluer. Toutefois, la vigilance ne doit pas se limiter aux arrivées aériennes. Le contrôle sanitaire gagnerait à être étendu et renforcé aux principaux postes frontaliers terrestres entre le Bénin et le Nigeria, notamment sur les axes où les déplacements quotidiens de personnes sont importants. Une coordination entre services sanitaires, douaniers et migratoires permettrait de mieux repérer les voyageurs présentant des symptômes suspects, sans entraver inutilement la circulation.
Une épidémie meurtrière qui traverse les frontières
L'épidémie déclarée dans la province de l'Ituri, à l'est de la République démocratique du Congo (RDC) en mai, s'est rapidement propagée vers l'Ouganda avec un cas importé. L'Ouganda a ensuite totalisé 20 cas et deux décès. La France avait signalé en juin un cas sans décès. Les deux pays ont ensuite été déclarés exempts de la maladie.
Le Kenya confirmé son premier cas le 6 octobre cas et enregistre selon les autorités neuf cas et un décès. Le Nigeria a désormais rejoint les pays touchés avec un cas confirmé, sans décès signalé à ce stade. Le bilan reste susceptible d’évoluer avec les investigations sanitaires.
Le virus a donc touché trois régions de l'Afrique : d'abord le Centre puis l'Est et maintenant l'Ouest. Tous les premiers malades de ce virus recensés dans les quatre pays en dehors de l'épicentre qu'est la RDC, sont tous des cas importés. Cela met en lumière les failles de la riposte sanitaire contre cette épidémie.
C’est la 17e épidémie d’Ebola recensée en RDC depuis 1976. Contrairement aux précédentes, celle-ci est causée par la souche Bundibugyo, et non la souche Zaïre. La souche Bundibugyo est rare. Elle n’a provoqué que deux épidémies connues : en Ouganda en 2007 et dans l’est de la RDC en 2012. Il n’existe à ce jour aucun vaccin ni traitement homologué contre cette souche. Selon les données disponibles au 20 octobre, la RDC comptait 9 552 cas confirmés et 4 602 décès.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU










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