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Père Aguénounon : « une démocratie n'est pas une entreprise » et « n'appartient pas à un conseil d'administration »

Père  Aguénounon : « une démocratie n'est pas une entreprise » et « n'appartient pas à un conseil d'administration »
© Le Patriote

Le jeudi 15 janvier 2026, le Centre de recherche et de formation «Le Chant d’Oiseau» a accueilli une conférence majeure de l’Institut des artisans de justice et de paix (Iajp) sur le thème « Les réformes constitutionnelles en Afrique : Entre efficacité, stabilité et controverses ». Si le Professeur Hilaire Akérékoro, agrégé de droit public (Cames), a posé les bases du débat en analysant avec rigueur les tensions entre l’efficacité des réformes constitutionnelles et les controverses qu’elles suscitent, c’est  le  Directeur de l’Iajp, Père Arnaud Éric Aguénounon a, dans son intervention de clôture  du conférence-débat, déclaré d’une part  qu’ « une démocratie n'est pas une entreprise » et d’autre part  elle  « n'appartient pas à un conseil d'administration ou à des actionnaires qui vivent des dividendes de la démocratie ».

Pour le Père  Aguénounon, « la démocratie appartient aux plus pauvres et elle appartiendra toujours aux plus pauvres ».  Car, dit-il, «  le peuple n'est pas d'abord l'élite. Le peuple n'est pas d'abord ceux qui dirigent ». Selon lui, « le peuple est toujours celui qui ne sait rien de ce qui se passe dans les hautes sphères ». Il a signifié que « ce sont ceux qui ne savent rien de ce qui se passe dans les hautes sphères ». Mais, il se désole que « ce sont eux qui sont malheureusement les plus nombreux à aller voter ».

« Leurs idoles sont de l'argent et de l'or. Elles sont l'ouvrage de la main des hommes. Elles ont une bouche et ne parlent point. Elles ont des yeux et ne voient point. Elles ont des oreilles et n'entendent point. Elles ont un nez et ne sentent point. Elles ont des mains et ne touchent point. Des pieds et ne marchent point. Elles ne produisent aucun son dans leurs gosiers. Ils leur ressemblent ceux qui les fabriquent. Tous ceux qui se confient en elles.» ; a –t-il lâché avant  d’ajouter : « Israël, confie-toi en l'éternel.  Il est leur secours et leur bouclier. C'est par le psaume 115 qui peint véritablement la personnalité des idoles qui n'entendent pas, qui ne voient pas, qui ne touchent pas, qui ne sentent pas, qui ne marchent pas».

La conviction profonde du Père Aguénounon

Dans sa conviction profonde, le Directeur de l’IAJP  a martelé qu’ « un pouvoir politique ne doit jamais être idolâtrique c'est-à-dire, un pouvoir politique ne doit jamais être conçu, forgé, entretenu, vécu comme une idole ».  Il  a  indiqué alors que  ce pouvoir n'entendra pas, ne verra pas, ne pourra pas toucher, ni marcher ». Le Père  Aguénounon  a souligné que « livresque du pouvoir est vertigineux »  et que « l’instinct du pouvoir est plus puissant que la crainte de Dieu ». « La conservation du pouvoir est plus terrible que la perte de sa vie personnelle », a-t-il laissé entendre.  C’est pour cela qu’il a affirmé qu’ « il est important pour nous de tourner notre regard vers cette cause fondamentale des révisions constitutionnelles,  des modifications constitutionnelles, que constitue la volonté démonstrative de l'ivresse du pouvoir ».

L’Ecrivain-Essayiste révèle que « ivre du pouvoir, porté par son instinct et son désir absolu de le conserver, beaucoup d'hommes et de femmes deviennent ingénieux, deviennent stratèges, deviennent assidus et nuit et jour, sans répit, produisent des idées, produisent des raccourcis  pouvant les conduire aux révisions constitutionnelles, aux modifications constitutionnelles ».  Pour lui, « le juriste est technicien. Le philosophe, dans la rationalité et dans l'imaginaire, réfléchit aux causes, analyse éthiquement les causes, analyse moralement les comportements ».

Les  conseils du  Directeur de l’ IAJP

« C'est en nous donnant la main, juristes, théologiens, sociologues, économistes  et autres, que nous allons nous constituer comme des consuls qui veillent à ce que la République ne subisse aucun dommage », a exhorté  le Père  Aguénounon.   Pour le Père  Arnaud Eric Aguénounon, « il  est important que chaque consul, c'est-à-dire conseiller de ministre, conseiller de chef d'État, juriste de haut rang, juriste tout  court,  universitaire, citoyen lambda »,  aide « la haute autorité ou les hautes autorités en Afrique en général à ne jamais sombrer dans l'ivresse du pouvoir et que l'instinct du pouvoir ne soit jamais plus fort que la crainte de Dieu ».

« Si belles sont nos vies, si grandes sont-elles,  elles sont aussi fragiles.  Et c'est en mesurant la fragilité de nos vies que nous découvrons en réalité l'importance du vivre ensemble, l'importance de la communion, l'importance de la communication. Et ce faisant, nos constitutions ne devraient pas être xénophobes.  En stigmatisant par exemple une opposition dans une constitution, on se demande si, par hasard, ces constituants dérivés ont pensé un jour peut-être être aussi une opposition. Il est important pour nous de rentrer dans une logique  plus participative de la démocratie, plus libérale de la démocratie, une logique plus transversale, pour nous ouvrir nous-mêmes et nous tous vers les périphéries, vers les plus faibles, vers les plus marginalisés, vers les plus dépouillés, vers les plus misérables. Car il y en a », a-t-il  laissé entendre.

Il n’a pas manqué  d’insister encore  qu’ « une démocratie n'est pas une entreprise » et qu’elle  « n'appartient pas à un conseil d'administration  ou à des actionnaires qui vivent des dividendes de la démocratie ».  Pour  lui, « la démocratie appartient aux plus pauvres » et elle « appartiendra toujours aux plus pauvres. Car le peuple n'est pas d'abord ce qui dirige ». Mais, affirme-t-il, «  le peuple est toujours celui qui ne sait rien de ce qui se passe dans les hautes sphères. Car ce sont ceux qui ne savent rien de ce qui se passe dans les hautes sphères. Ce sont eux qui sont malheureusement les plus nombreux à aller voter.  Et ceux qui connaissent et savent  la réalité, parce qu'ils connaissent la réalité, ils sont « sachants », ceux-là votent beaucoup moins ».

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Roland AFFANOU

Journaliste au Patriote.

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