Pénurie de carburant au Bénin: Gouvernement et pétroliers face à leurs responsabilités
Les longues files d’attente dans les stations-service, particulièrement dans le septentrion suscitent la question de la disponibilité des produits pétroliers au Bénin. En accordant 48 heures aux distributeurs pour rétablir un approvisionnement normal, la ministre de l’Industrie et du Commerce, Shadiya Alimatou Assouman, met la pression sur les opérateurs. Au-delà de cet ultimatum, la crise

interpelle également l’État sur sa capacité à garantir une distribution régulière et équitable du carburant sur toute l’étendue du territoire national.
La pénurie de carburant est une préoccupation économique et sociale qui appelle des réponses rapides, coordonnées et durables. Au Bénin, les difficultés d’approvisionnement observées dans plusieurs localités, notamment dans le nord du pays, ont conduit le gouvernement à hausser le ton. À travers un ultimatum de 48 heures, les autorités veulent contraindre les acteurs de la filière à prendre les dispositions nécessaires pour rétablir la situation.
La réunion d’urgence convoquée le mercredi 14 octobre 2026 par Laurent Akpo, directeur de cabinet du ministère de l’Industrie et du Commerce, sur instruction de la ministre Shadiya Alimatou Assouman, traduit la volonté de l’exécutif de sortir rapidement de cette situation. Les distributeurs et gestionnaires de stations-service ont été invités à mobiliser leurs moyens logistiques pour assurer le réapprovisionnement des cuves à la hauteur de la demande.
Les sociétés de commercialisation des produits pétroliers occupent une place centrale dans la résolution de cette crise. Elles doivent assurer une distribution conforme aux besoins du marché, mobiliser les moyens de transport nécessaires et veiller à ce que les stations-service soient régulièrement approvisionnées. Les dénonciations relatives à des opérations nocturnes de remplissage massif de bidons jaunes dans certaines stations, évoquées lors de la rencontre, ajoutent une dimension préoccupante à la situation.
Si ces pratiques sont avérées, elles pourraient favoriser le détournement d’une partie des stocks vers des circuits parallèles, au détriment des consommateurs ordinaires. La lutte contre ces pratiques passe par des contrôles effectifs, une vérification des volumes livrés et vendus, ainsi que l’application de sanctions lorsque des infractions sont établies. Les sociétés pétrolières doivent également exercer un contrôle rigoureux sur leurs stations et sur les pratiques de leurs employés.
L’État aussi doit assumer sa part
Pour autant, la responsabilité de la résolution de cette crise ne peut reposer exclusivement sur les distributeurs. Le gouvernement a lui-même reconnu l’existence de contraintes administratives dans la chaîne d’approvisionnement en annonçant son engagement à accélérer les formalités afin de faciliter les rotations des camions-citernes.
Cette mesure constitue un facteur important, car lorsque les procédures administratives ralentissent les mouvements des véhicules chargés de transporter les hydrocarbures, elles peuvent contribuer aux difficultés de disponibilité dans les stations. L’État doit donc veiller à ce que les formalités nécessaires ne deviennent pas un obstacle évitable à la continuité de l’approvisionnement.
Au-delà de la simplification administrative, les autorités doivent disposer d’informations fiables sur les stocks disponibles, les quantités distribuées, les besoins des différentes régions et les éventuels points de blocage. Une meilleure anticipation des besoins permettrait de prévenir certaines ruptures et d’intervenir avant que les files d’attente ne deviennent le signe visible d’une crise.
La sortie de crise exige donc une responsabilité partagée, mais clairement définie. Ni les contraintes administratives ni les pratiques frauduleuses ne doivent servir de prétexte à la passivité. Chaque acteur doit répondre de ses obligations et contribuer à la continuité du service.
Mohamed Yèkini











Commentaires (0)