Aller au contenu
samedi 10 octobre 2026|
Le Patriote

Quotidien béninois d’information générale
Indépendant · Vérifié · En continu

Le Patriote
FLASH INFO
Politique

Grâce Présidentielle : Le rêve brisé des détenus politiques

Grâce Présidentielle : Le rêve brisé des détenus politiques
© Le Patriote

A l'occasion du 66ème anniversaire de l'indépendance du Bénin célébré le samedi 1er Août dernier, le président de la République, Romuald Wadagni, a gracié 369 prisonniers au nombre desquels ne figure aucun détenu politique en dehors du jeune Julien Kandé Kanssou. Pourtant, le Benin tout entier attendait le successeur de Patrice Talon sur ce dossier qui devrait, selon plusieurs observateurs et analystes de la vie politique nationale, décrisper l'atmosphère socio politique très tendue que vit le pays depuis plus de 10 ans.

A part Julien Kandé Kansou qui aura fait 13 mois sur les 24 auxquels il a été condamné pour son opinion politique taxée  de harcèlement par voie électronique, les 368 autres prisonniers graciés à  l'occasion de la commémoration de l'indépendance du Bénin purgeaient des peines pour des delits tels que, vol, abus de confiance, usurpation de titre, abus de fonction, tentative de vol, tentative de meurtre, coups et blessures volontaire, homicide, homicide volontaire etc. Contrairement aux attentes, les personnes arrêtées  et incarcérées pour leurs opinions ou positions politiques, avant, pendant ou après  des échéances électorales n'ont malheureusement pas eu de la chance cette fois.

Critiqué et dénoncé depuis plusieurs années  l'emprisonnement des personnalités politiques animera encore les débats et nourrira des inquiétudes pour bien de temps encore car leur libération ne fait apparemment pas partie des priorités du régime Wadagni. Reckya Madougou, Joël Aïvo,  Comlan Hugues Sossoukpè, Steve Amoussou ou Frère  Hounvi pour certains, Louis Philippe Houndegnon, Candide Azannaï  etc, devront donc garder pour eux le rêve  qu'ils nourrissent en espérant une grâce du President Wadagni pour écourter leur séjour derrière les barreaux. Pour le moment, l'actuel locataire du Palais de la Marina ne semble pas vouloir revenir sur aucune des condamnations aux motifs politiques prononcées  sous le régime de son ancien patron devenu sénateur.  Les exilés  politiques devront également patienter et garder bien au frais leur espoir de revenir au pays sous la bénédiction du premier magistrat du Bénin qui pourrait leur accorder une grâce ou militer pour une éventuelle  amnistie en leur faveur.

Avant l'installation officielle des membres du Sénat le jeudi 30 Juillet 2026, beaucoup de bruits ont couru quant aux vraies raisons de la volte-face de l'ancien Président Boni Yayi devenu aussi sénateur malgré  son refus depuis Novembre 2025 de siéger au sein de cette institution. Selon des indiscrétions, il siège  à  la haute chambre pour travailler entre autres, à  la libération des détenus politiques, au retour des exilés  politiques et á  la restauration de la démocratie béninoise. Le Président Romuald Wadagni  en oubliant de gracier les prisonniers politiques aurait-il donc laisser la gestion de ce dossier au Sénat nouvellement installé ?

La rupture a fait des prisonniers politiques et dans la continuité  de cette rupture, le président semble ne pas vouloir offenser son mentor en revenant sur des actes juridiques ou des décisions hautement politiques qui ont et continuent de secouer le pays. Pendant longtemps, toutes les forces vives de la nation ont réclamé le dégel de la situation socio politique à  travers une assise nationale qui remettrait tout à  plat pour une réconciliation au profit de la paix et de la quiétude nationale. Mais pendant 10 ans, cette doléance est restée  sans suite favorable et pire, les arrestations et autres faits attentatoires à  la sauvegarde de la démocratie ont eu droit de citer jusqu'au 24 Mai 2026, date de l'investiture du nouveau président de la République.

En omettant les détenus et exilés  politiques dans la liste de ses graciés, le président Romuald Wadagni  a donc soit laissé  le dossier aux sénateurs pour ne pas cracher dans la soupe de son ancien patron, soit attend de pertinents  réglages avant d'agir ou soit veut réellement  continuer dans la rupture avec toutes les conséquences pour les béninois et pour sa gouvernance politique.

Wait and see !!

 

Norbert Adjakoun

Que pensez-vous de cet article ?

Copier le lien
LR
La Rédaction

Les articles de la rédaction du Patriote.

Tous ses articles →

Commentaires (0)

Sur le même sujet

Recommandé pour vous

Grâce Présidentielle : Le rêve brisé des détenus politiquesLecture audio · voix de synthèse