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Élection présidentielle d’avril 2026 : Quand les écoles deviennent des lieux de campagne à Sèmè-Podji

À l’approche de l’élection présidentielle du 12 avril 2026, certaines pratiques observées dans la commune de Sèmè-Podji suscitent de vives inquiétudes. L’école, censée être un lieu du savoir, semble, dans certains cas, amputée de sa mission première pour servir des intérêts politiques. Une dérive aussi troublante qu’inacceptable.

Élection présidentielle d’avril 2026 : Quand les écoles deviennent des lieux de campagne à Sèmè-Podji
© Le Patriote

Selon plusieurs recoupements concordants, des faits pour le moins préoccupants se déroulent depuis quelques jours dans certaines écoles primaires publiques, notamment dans les localités d’Ekpè et de Djeffa. Le mode opératoire, bien rôdé, interpelle : des parents d’élèves sont conviés à des réunions officiellement consacrées aux conditions de travail et aux résultats scolaires de leurs enfants,.mais une fois sur place, le contenu des échanges prend une tournure inattendue. En lieu et place des discussions pédagogiques annoncées, les parents sont entretenus sur des questions d’ordre politique. Pire, ils sont exhortés à aller voter massivement pour le duo Romuald Wadagni – Mariam Chabi Talata lors du scrutin du 12 avril 2026. Une situation qui, au-delà de son caractère surprenant, pose un sérieux problème d’éthique.

Sinon, comment comprendre  que des directeurs d’écoles, investis d’une mission éducative, se transforment en donneurs de consignes de vote ? L’école publique n’est ni une tribune politique, ni un lieu  de propagande. Elle est un espace dédié à la formation éducative et morale des écoliers . En y introduisant des discours politiques, on met en mal  la crédibilité de l’institution scolaire. Les réactions de certains parents d’élèves en disent long sur le malaise suscité par ces pratiques. Pris de court par le changement de l'ordre des réunions, plusieurs d’entre eux n’ont pas hésité à écourter leur présence, quittant les lieux avec indignation.

Ce rejet spontané témoigne d’une conscience citoyenne qui refuse l’usage  des cadres éducatifs à des fins électoralistes. Qu’on ne s’y trompe pas : il n’est nullement interdit à un responsable d’établissement d’avoir des opinions politiques,  mais il est impératif que ces convictions restent dans le giron politique dédié à cet effet. Utiliser sa position administrative pour influencer des parents d’élèves constitue un abus de fonction et une entorse grave aux principes de neutralité du service public.

Plus encore, de tels agissements, s’ils étaient avérés à grande échelle, pourraient ternir l’image même des candidats qu’ils prétendent servir, car une campagne digne ne saurait se construire sur des méthodes peu orthodoxes, encore moins dans des lieux aussi sensibles que les écoles. Il est donc urgent que les autorités compétentes prennent la mesure de la situation. Ces pratiques doivent cesser sans délai. Mieux, elles doivent faire l’objet de sanctions exemplaires afin de dissuader toute récidive.

Alassane Touré

 

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