Assemblée Nationale, Sénat, Ministres-Conseillers... : Comment la rupture a alourdi le train de vie de l'État
De 2016 à 2026, le Bénin a été constamment la proie des réformes qui, au lieu de servir ses populations, vident sa caisse au profit d'une catégorie de politiciens qui la coule douce. De l'Assemblée nationale au Sénat en passant par les ministres conseillers, la note est chaque mois très salée pour le contribuable béninois.

A l'avènement du régime dit de la rupture et du nouveau départ en 2016, le président Patrice Talon et son gouvernement ont adopté une politique d'optimisation des ressources de l'État que les béninois ont trop vite fait d'applaudir en son temps. Plusieurs structures étatiques qualifiées de budgétivores avaient été supprimées sans tenir même compte des effets néfastes que la décision pourrait avoir sur le social. La Sonapra, l'Onasa, le Cncb, la Cnman, Libercom, Assi, pour ne citer que ces structures ont été dissoutes et le personnel, pour la plupart, renvoyé à la maison.
Mais pendant que les plus faibles qui sont les pauvres fonctionnaires avec les salaires de misères sont systématiquement renvoyés chez eux sans aucune mesure sociale d'accompagnement, des politiciens qui ont tout eu dans leur vie continuent d'être promus aux frais du contribuable. Des structures ou agences ont été créés puis dissoutes sans aucun audit de leur gestion, sans bilan et sans rapport de fin de mission ou de vie.
Sous la rupture, l'effectif des députés à l'Assemblée Nationale est passé de 83 à 109 soit une augmentation de 26 parlementaires. Mieux, les salaires de ces députés auraient été, selon nos sources multipliés par 5 pendant que les cadres de l'administration se contentent de leurs pitances mensuelles. Au cours de son mandat, le président Patrice Talon a créé 12 adjoints aux ministres de son gouvernement qu'il a appelés des ministres conseillers. Avec leurs salaires et autres émoluments bien dorés, ces ministres conseillers jouent aux agents commerciaux du gouvernement en faisant la propagande de l'action gouvernementale que les populations bénéficiaires ne voient et ne ressentent guère.
Il y a aussi cette politique d'utilisation des collaborateurs extérieurs qui couteraient très chers au contribuable béninois depuis l'ère de la rupture. Des cadres béninois ou étrangers vivant et travaillant à l'étranger sont recrutés par le régime pour faire trop cher, ce que les cadres nationaux peuvent faire à moindre coût. Le hic, c'est l'instauration du Sénat dont les 25 membres, tous ou presque tous sont des retraités qui seront, des années durant, chèrement payés par l'État pendant que les écoles manquent d'infrastructures indispensables pour l'éducation des enfants et les hôpitaux soignent les morts pour défaut de matériels médicaux adéquats.
Pendant plus de 10 ans de la rupture, aucun béninois ne peut dire avec certitude ce que gagne un ministre du gouvernement Talon puis Wadagni. Selon les indiscrétions, le moins payés des ministres serait à 8 millions de francs Cfa le mois sans compter les primes et autres avantages. Et pourtant, le Leitmotiv de ce régime est la rationalisation des ressources de l'État. Mais au finish, il est clair que les reformes opérées depuis 2016 sont plus budgétivores qu'économiques pour le pays.
Après plus de 10 ans de gouvernance, il est donc évident que la réduction du train de vie de l'État telle que promise et promue par la rupture a été un grand mensonge pour endormir les béninois qui ont, selon les chiffres officiels, élus le nouveau président à plus de 94% des suffrages à la présidentielle du 12 Avril 2026.
Norbert Adjakoun











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