RDC : Kabila à la tête d’une nouvelle coalition, un nouveau défi pour la paix
L’ancien président congolais Joseph Kabila a pris la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN), une nouvelle coalition politico-militaire réunissant des figures de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et du Mouvement du 23 mars (M23). Annoncée le 12 octobre 2026 à Goma, cette alliance menace de compliquer davantage les efforts de paix dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

Joseph Kabila dirige désormais le Front pour la refondation de la nation (FRN), avec Corneille Nangaa, responsable politique de l’Alliance fleuve Congo ( AFC), Bertrand Bisimwa, figure dirigeante du Mouvement du 23 mars (M23) , comme vice-présidents. Sultani Makenga, chef militaire du M23, occupe le poste de chef d’état-major général avec rang de vice-président. La coalition affirme vouloir combattre par tous les moyens ce qu’elle qualifie de « tyrannie », et n'écarte pas l'utilisation de la « force », si cela est nécessaire.
Joseph Kabila qui a dirigé la RDC pendant 18 ans ( 2001-2019) a été condamné à mort par contumace en septembre 2025 pour trahison, crimes de guerre et crimes contre l’humanité. L'ancien président conteste cette procédure, qu’il juge politiquement motivée. Washington l’a également sanctionné en 2026 pour son soutien présumé aux groupes armés.
Les accords de paix à l’épreuve
Cette recomposition intervient alors que les combats persistent dans l’Est, malgré les accords de Washington conclus en juin 2025 entre Kinshasa et Kigali. Les États-Unis ont sanctionné l’armée rwandaise en mars 2026, l’accusant de soutenir le M23. Kigali conteste ces accusations et invoque notamment la menace des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), groupe armé issu de milieux liés aux responsables du génocide de 1994. Le désengagement des forces rwandaises et la neutralisation des FDLR restent des enjeux majeurs de la crise.
La création du FRN pourrait également compliquer les négociations de Doha entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23. Pour Yvon Muya, chercheur à l’Université d’Ottawa, cette annonce marque une confrontation directe entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi. « Nous assisterons probablement à une escalade sur le front militaire », prévient-il, cité par Associated Press. Le chercheur estime aussi que l’intégration des dirigeants de l’AFC/M23 dans cette nouvelle structure risque de compromettre le processus de Doha.
En parallèle, le débat sur un éventuel troisième mandat de Tshisekedi accentue les tensions politiques. Le dialogue national annoncé par le président exclut les groupes qui poursuivent la lutte armée, notamment l’AFC/M23. Cette position, défendue au nom de la légitimité constitutionnelle, est contestée par la C64, principal parti d'opposition, qui dénoncent un processus insuffisamment inclusif.
Pour la communauté internationale, l’urgence est désormais de préserver les négociations, d’obtenir des engagements vérifiables et d’éviter une nouvelle escalade dans une région déjà frappée par une grave crise humanitaire.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU











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