Après la disparition du journaliste nigérien Moussa Kaka fin août à Niamey, Reporters sans frontières (RSF) annonce son inquiétude à travers un communiqué. Cette disparition intervient quelques jours après la minuterie qui a éclaté dans la capitale nigérienne.
Le journaliste nigérien Moussa Kaka, directeur général de Radio Télévision Saraounia (RTS) et ancien correspondant de RFI au Niger, est porté disparu depuis le 31 août 2026. Selon Reporters sans frontières (RSF), il a quitté son bureau à Niamey vers 19 heures pour regagner son domicile, mais n’y est jamais arrivé. Depuis, ses proches et ses collaborateurs sont sans nouvelles de lui. Son véhicule serait également introuvable.
Cette disparition intervient dans un contexte particulièrement sensible. Deux jours auparavant, le 29 août, des militaires mutins avaient attaqué plusieurs sites stratégiques de Niamey, dont la base 101 se trouvant dans l’enceinte de l’aéroport de la capitale ainsi que des installations liées à la présidence, dans une tentative avortée de renversement du régime du général Abdourahamane Tiani. Les autorités ont repris le contrôle de la situation avec l’appui de « forces loyales » et de combattants russes de l’Africa Corps.
Le contexte est également marqué par une pression accrue sur les médias. En octobre 2025, Moussa Kaka avait été interpellé avec deux autres journalistes après la diffusion d’une invitation à une conférence du Fonds de solidarité pour la sauvegarde de la patrie. Il avait été poursuivi pour « complicité de diffusion de document de nature à troubler l’ordre public » avant d’être libéré sous caution.
Face à cette nouvelle disparition, RSF demande aux autorités nigériennes d’ouvrir immédiatement une enquête afin de retrouver le journaliste et d’établir les circonstances de sa disparition. À ce stade, aucune information officielle ne permet cependant de déterminer ce qui lui est arrivé.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU