Après le décès du père d’un jeune homme interpellé à Parakou alors qu’il plaidait pour sa prise en charge médicale, Nourou Dine Saka Saley hausse le ton. Dans une déclaration adressée au président de la République, il appelle à une décision urgente pour garantir l’accès à la dialyse aux personnes souffrant d’insuffisance rénale.
Le drame de Parakou ravive le débat sur la prise en charge des personnes souffrant d’insuffisance rénale au Bénin. Nourou Dine Saka Saley interpelle directement le président de la République, Romuald Wadagni, après le décès du père d’un jeune homme qui avait sollicité de l’aide pour financer ses séances de dialyse.
En effet, dans sa déclaration, l’ancien responsable politique dit avoir été « apaisé à moitié » après avoir appris que les services du chef de l’État avaient contacté le jeune homme. Pour lui, une intervention personnelle du président aurait davantage traduit une véritable compassion et surtout une volonté d’assumer une responsabilité face à cette situation. Saka Saley dénonce surtout la multiplication des appels à l’aide lancés sur les réseaux sociaux par des malades et leurs familles. Selon lui, l’insuffisance rénale est devenue l’un des maux les plus médiatisés du quotidien béninois, notamment parce que les malades sont contraints de solliciter la solidarité populaire pour poursuivre leurs traitements. Il estime que cette situation ne peut plus être durablement supportée par les familles et les personnes de bonne volonté. « Un jour de plus a un coût », rappelle-t-il, soulignant que le nombre de personnes concernées semble augmenter.
Un appel à une décision présidentielle
Pour l’auteur de la déclaration, l’État doit reprendre toute sa responsabilité dans la prise en charge de la dialyse. Il demande au chef de l’État de « supprimer toutes les barrières » à l’accès aux soins pour les patients qui en ont besoin. Saka Saley rappelle également l’existence, avant 2016, de mesures sociales d’accompagnement des dialysés et regrette leur suppression. Il invite ainsi le gouvernement à mettre en place un mécanisme durable de financement, auquel les citoyens pourraient contribuer solidairement.
Au-delà de toute considération politique, il place cette revendication sous le signe du « caractère sacré de la vie ». Pour lui, aucune politique publique ne saurait être plus importante que la préservation de la vie des citoyens.
Gildas AHOGNI