Sur le volet routier, l’ambition du Bénin est grande : donner un nouveau visage aux différentes artères de circulation, construire de nouvelles voies et réhabiliter celles qui existent déjà. Mais sur le terrain, certaines réalités montrent que des aménagements restent encore à améliorer.
Dans plusieurs villes du pays, les chantiers se multiplient. Pourtant, certaines voies manquent encore d’aménagements permettant aux usagers de changer facilement de direction. Les besoins se font particulièrement sentir à proximité des marchés, des écoles, voire d’autres concentrations d’habitations, où les déplacements sont nombreux et où les usagers doivent pouvoir accéder facilement aux différents points de la ville.
À ces endroits, l’absence d’intersections suffisamment rapprochées peut compliquer les déplacements. Un usager qui se trouve, par exemple, devant un marché et souhaite rejoindre un point situé de l’autre côté de la voie peut être contraint de parcourir plusieurs centaines de mètres, voire quelques kilomètres, avant de trouver un endroit approprié pour faire demi-tour ou changer de direction. Un trajet qui devrait être simple se transforme ainsi en détour inutile.
Le problème concerne également la sécurité des usagers. Sur certains grands axes traversant des zones fortement peuplées, les longues distances entre les intersections peuvent favoriser des vitesses élevées. D’où la nécessité de prévoir, dans l’aménagement de ces voies, des points de retournement adaptés aux réalités locales et aux flux de circulation, afin de faciliter les déplacements tout en améliorant la sécurité des usagers.
Des exemples à suivre…
En effet, à voir dans certains pays européens, une réalité se dessine : les autoroutes sont généralement éloignées des agglomérations. Lorsqu’un conducteur veut rejoindre une ville ou un village, il utilise une sortie ou une bretelle, sans couper directement la circulation principale. Cette organisation permet aux véhicules de poursuivre leur trajet tout en limitant les croisements directs.
Au Bénin, certaines voies présentent une autre configuration. Elles sont destinées à faciliter une circulation rapide, mais traversent des zones où les marchés, les écoles, les commerces et les habitations sont nombreux. Dans ces conditions, des aménagements différents pourraient être envisagés selon les endroits. Des intersections bien placées peuvent faciliter l’accès aux quartiers et aux marchés. Dans ces pays développés, des bretelles ou des passages adaptés permettent également aux véhicules de rejoindre certains points sans couper directement la voie principale.
Néanmoins, la construction et la réhabilitation des routes mobilisent d’importantes ressources publiques. Il importe donc que les ouvrages réalisés répondent réellement aux besoins des populations et tiennent compte des réalités du terrain.
Peut-être faut-il alors repenser la formule, en s’inspirant des modèles qui ont fait leurs preuves ailleurs, mais surtout avec l’ambition de faire du Bénin un pays de référence en matière d’infrastructures routières. Il urge que le rêve du Bénin soit grand dans ce sens.
Alola BIAOU