La Namibie durcit sa politique migratoire envers plusieurs pays occidentaux, dont les États-Unis et le Royaume-Uni, au nom du principe de réciprocité. La mesure, présentée par les autorités comme une réponse aux restrictions imposées aux Namibiens à l’étranger, marque un changement dans la politique d’ouverture du pays.
Depuis le 1er avril 2025, les ressortissants des pays qui n’accordent pas aux Namibiens une exemption de visa doivent eux-mêmes obtenir un visa pour entrer en Namibie. La liste comprend notamment les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, le Canada, l’Australie, l’Italie, l’Espagne et le Japon.
Il ne s’agit toutefois pas d’une interdiction d’entrée. Les ressortissants concernés peuvent demander un visa à l’arrivée ou un e-visa. Pour les voyageurs de plus de 11 ans, le visa à l’arrivée coûte 1 600 dollars namibiens, soit environ 90 dollars américains.
La décision intervient dans un contexte où Windhoek cherche également à faciliter la circulation avec ses partenaires africains. Les ressortissants d’Afrique du Sud, du Botswana, de l’Angola, de la Zambie, du Zimbabwe, du Kenya, de la Tanzanie, du Mozambique et de plusieurs autres pays bénéficient toujours d’une exemption de visa.
La présidente Netumbo Nandi-Ndaitwah entend ainsi défendre une approche fondée sur l’égalité de traitement entre États. Mais au-delà du discours panafricaniste, la mesure répond surtout à une logique diplomatique précise : si les Namibiens doivent obtenir des visas pour accéder à certains pays, leurs ressortissants doivent être soumis à des exigences comparables en Namibie.
Cette politique illustre une tendance croissante en Afrique : utiliser la politique des visas comme instrument de souveraineté et de négociation diplomatique, plutôt que comme simple outil de contrôle migratoire.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU