Donald Trump a menacé lundi 17 août de bombarder Oman si le sultanat venait à « se mettre en travers » d’un accord entre Washington et Téhéran sur le détroit d’Ormuz. Cette nouvelle sortie intervient alors que les négociations américano-iraniennes sont dans l’impasse et que le rôle de médiateur de Mascate est de plus en plus contesté par Washington.
Interrogé par Fox News, le président américain a averti qu’Oman subirait une attaque s’il empêchait la conclusion d’un accord permettant de rétablir la circulation commerciale dans le détroit. Il a également appelé l’Iran à « se rendre ». Ces déclarations interviennent au terme du délai de 60 jours prévu par un accord provisoire conclu en juin dernier en Suisse entre Washington et Téhéran, sans qu’un règlement définitif ait été trouvé.
Oman, allié de Washington, joue depuis plusieurs années le rôle d’intermédiaire entre les États-Unis et l’Iran. Depuis la guerre qui a commencé le 28 février, l’Iran a à plusieurs reprises lancés des missiles contre les bases militaires américaines se trouvant à Oman.
Ces dernières semaines, Mascate et Téhéran ont négocié un mécanisme destiné à sécuriser le passage des navires dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial de pétrole et de gaz. L’Iran et Oman ont annoncé être parvenus à un accord de principe sur la circulation maritime, ce qui inquiète Washington.
Mascate n’a pas encore publiquement répondu à la menace de Donald Trump. Le ministère omanais des Affaires étrangères continue toutefois d’afficher une ligne favorable au dialogue.
De son côté, l’Iran rejette les exigences américaines et menace de maintenir la fermeture du détroit tant que Washington ne respecte pas ses engagements. Cette confrontation fait également peser une nouvelle pression sur les marchés pétroliers : le Brent dépassait mardi les 91 dollars le baril.
La menace contre Oman risque ainsi d’affaiblir davantage les efforts diplomatiques alors que le détroit d’Ormuz demeure au cœur de la crise.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU