Au nombre des artistes contemporains ayant participé à l’exposition collective du projet ’’ N’Arturel’’ édition 2026, figure M. Jacques Loustric, artiste contemporain de nationalité française. Professeur de Français au lycée international français Pierre Manoël Talon à Cotonou, cet artiste a fortement marqué son territoire en présentant des œuvres atypiques inspirées de la spiritualité ‘’Aborigène’’ lors de cette exposition. Retour sur l’origine de cette inspiration dont l’artiste scrute comme une communion d’âmes de tous les êtres en quête d’harmonie essentielle.
Une installation pas comme les autres. Elle est constituée des sculptures réalisées avec une technique mixte inspirée de l’Aborigène, en fin de parcours de l’exposition collective. Elle captive le regard des visiteurs tout en les interrogeant sur l’origine de travail. Telle est la tâche d’huile de M. Jacques Loustric dans cette exposition collective qui a mobilisé une trentaine d’artistes à la forêt sacrée de Pahou, sous la coordination de Dominique Zinkpè. Ces sculptures interpellent sur le miracle de l’art lorsqu’il n’est plus anecdotique mais devient essentiel. Ce miracle efface les supposées différences et séparations superficielles créées par les égos et il unit les âmes. Outre la sculpture, M. Jacques Loustric aborde la peinture dans ses créations. Orientant ses recherches créatives au cœur des aborigènes, l’artiste évoque l’origine de son inspiration.
Selon lui, l’art possède une dimension universelle et spirituelle. Pour quiconque s’intéresse à la capacité créatrice et aux questionnements existentiels de l’être humain, le premier contact avec la peinture des Aborigènes d’Australie et l’artiste provoque un choc, et constitue le prélude à la découverte d’un monde fascinant. « Les Aborigènes d’Australie sont les premiers humains connus à s’être établis sur le continent-île de l’Australie. Leur culture, vieille de plus de 40.000 ans, est l’une des plus anciennes du monde. Comme toute civilisation, ils ont utilisé l’art comme moyen d’exprimer leur relation intime et profonde avec leur terre… et avec l’univers tout entier. Des preuves d’une activité artistique datant de plusieurs dizaines de milliers d’années ont été découvertes dans différentes régions d’Australie. Ils ont peint dans des grottes, sur des rochers, sur des écorces d’eucalyptus, sur leur corps pour les cérémonies, sur les objets rituels utilisés pour leurs cultes et pour leur vie quotidienne (ustensiles, armes, boucliers, « didgeridoo » musical, poteaux, etc.) Ils ont déposé sur le sol des pigments des 4 couleurs naturelles de base : l’ocre rouge, l’ocre jaune, le noir et le blanc pour réaliser des compositions sophistiquées qui, une fois la cérémonie terminée, étaient emportées par le vent. Ils y ont rajouté parfois des touffes de « kapok » à l’aspect de coton », a-t-il partagé.
Pour lui, cet art était pratiqué par des initiés qui connaissaient les secrets de leur terre et de ses peuples. Certains attendaient des dizaines d’années, et même leur vieillesse, avant de s’estimer suffisamment inspirés et accomplis pour oser exprimer leurs visions par des pigments. Pendant très longtemps cet art s’est appliqué sur le sol avec des pigments en poudre de façon éphémère, c’est-à-dire que pour ces peintres, le processus de la création, et la signification qu’ils lui donnaient, étaient plus important que le résultat. Ce qui n’est pas le cas en occident ou les œuvres d’art ont très vite contribué au prestige personnel des puissants qui les commandaient et ont produit une valeur marchande et un commerce lucratif.

Rodéric DEDEGNONHOU