Le Centre des œuvres universitaires et sociales d’Abomey-Calavi (COUS-AC) ordonne la libération des résidences universitaires de l’École normale supérieure (ENS) de Porto-Novo au plus tard le 31 juillet 2026, en raison de leur état de dégradation avancée. Si la volonté de réhabiliter ces infrastructures est salutaire, la mesure soulève des interrogations sur son caractère limité et sur les difficultés qu’elle risque d’imposer aux étudiants.
Le Centre des œuvres universitaires et sociales d’Abomey-Calavi (COUS-AC) a décidé de fermer, pour toute l’année académique 2026-2027, les résidences universitaires de l’École normale supérieure (ENS) de Porto-Novo. Dans une note de service datée du 23 juillet 2026, l’administration demande aux occupants de libérer entièrement les lieux au plus tard le 31 juillet 2026.
En effet, selon le document, cette décision est motivée par « l’état de dégradation avancée » des bâtiments, qui ne permet plus d’assurer des conditions d’hébergement satisfaisantes. Les étudiants sont ainsi invités à prendre toutes les dispositions nécessaires pour se loger en ville avant la prochaine rentrée universitaire. Sur le principe, cette décision est difficilement contestable. Des résidences universitaires délabrées représentent un risque pour la sécurité et le bien-être des étudiants. Leur réhabilitation apparaît donc comme une nécessité.
Cependant, cette mesure semble ne traiter qu’une partie du problème. Les difficultés liées à la vétusté des résidences universitaires ne concernent pas uniquement l’ENS de Porto-Novo. Des bâtiments dans plusieurs autres universités publiques, notamment à Abomey-Calavi, Parakou et dans d’autres centres universitaires, présentent également des signes de dégradation qui affectent les conditions de vie des étudiants. Dès lors, une politique de réhabilitation gagnerait à être pensée à l’échelle nationale afin que tous les étudiants bénéficient des mêmes conditions d’hébergement, quel que soit leur établissement.
Par ailleurs, demander aux étudiants de trouver eux-mêmes un logement en ville sans annoncer de mesures d’accompagnement risque de transformer cette décision en véritable casse-tête. Dans un contexte où le coût des loyers ne cesse d’augmenter et où de nombreux étudiants disposent de ressources limitées, cette exigence pourrait fragiliser davantage leur parcours universitaire.
La réfection des résidences universitaires est donc une initiative bienvenue. Mais pour être pleinement efficace et équitable, elle devrait s’inscrire dans un programme global de rénovation des infrastructures universitaires, accompagné de solutions transitoires permettant aux étudiants de se loger dans des conditions décentes pendant la durée des travaux.
ASG