Demain jeudi 30 Juillet 2026, les 25 membres de la toute nouvelle institution, instaurée par la constitution révisée de novembre 2025 seront installés. A quelques heures de l’opérationnalisation de cette réforme, des rumeurs circulent et des bruits se font entendre quant à la présidence de la première mandature de la haute chambre, le Sénat. De plus en plus, deux noms alimentent les débats. Le premier président du Sénat pourrait bien être l’ancien président Thomas Boni Yayi ou son successeur Patrice Talon.
Dans la soirée du jeudi après installation officielle des membres du Sénat, le bureau de l’institution pourrait être connu. Selon les indiscrétions, tout est fin prêt et la fumée blanche pourrait sortir plus vite qu’on l’espère. Vendredi dernier, la quasi totalité des membres de cette institution était en conclave et à l’occasion, les débats essentiels ont été faits notamment sur la formation du bureau qui conduira la première mandature de la haute chambre. Le gros suspens qui chagrine les esprits reste celui qui présidera l’institution entre les présidents Boni Yayi et Patrice Talon. L’évidence est que la balance pèse plus du côté de l’ancien président du parti Les Démocrates, formation politique de l’opposition qui avait été exclue de toutes les élections en 2026.
Auteur de la réforme constitutionnelle instaurant le Sénat, le président Patrice Talon pourrait bien être logiquement la personne la mieux cotée pour présider l’institution. Seulement, se hisser à la tête du Sénat deux mois après avoir quitté le pouvoir sonnerait comme une gourmandise politique et donnera ainsi raison à ceux qui pensent que le Sénat a été instauré et taillé à sa mesure. Mieux, le nouveau président béninois Romuald Wadagni est le fuel, le protégé du président Patrice Talon. En prenant la tête du Sénat le monde entier apercevra cela comme une prise en otage des instances de prise de décision du pays par le même clan politique surtout que le perchoir de l’Assemblée Nationale est également occupé par un autre protégé du président sortant. Ces dix dernières années, le régime de la rupture a gouverné avec ruse et rage sans partage et sans pitié. Sous la rupture, la tension socio politique a été des plus décriée depuis 1990.
Des mois durant, le président Patrice Talon avait été soupçonné de vouloir briguer un troisième mandat malgré les prescriptions constitutionnelles. Si en quittant le pouvoir il prend directement la présidence d’une si haute et décisive institution, c’est comme s’il briguait encore le pouvoir car par cette nouvelle posture, il pourrait directement influencer la gouvernance politique du pays malgré son passé controversé. Sa présidence, sinon cette position à la tête du Sénat pourra se déteindre sur les décisions que prendra le président de la République et rendrait par conséquent ce dernier soit impopulaire soit aux ordres de son ancien patron président du Sénat. Pour se protéger, protéger son fuel et favoriser la décrispation de la tension socio politique dans le pays, le président Patrice Talon ferait donc mieux d’éviter et de rester très loin de la présidence du Sénat en attendant la prochaine mandature le temps que les béninois oublie un temps soit peu les dix années de la rupture.
Par contre, le président Boni Yayi à la tête du Sénat serait un signal fort envoyé non seulement aux béninois mais au monde entier annonçant une forte envie et la volonté des dirigeants béninois de changer de paradigme, de méthode de gouvernance et surtout faire descendre le mercure dans le pays. Leader charismatique de l’opposition dans un passé très récent, Boni Yayi pourrait représenter à ce poste des voix autres que celle de la mouvance présente dans toutes les instances de prises de décisions du pays.
Du haut de ses 75 ans, grâce à ses expériences cumulées au fil des années à la présidence de la République, de l’Union Africaine, dans l’Uemoa, dans le règlement des conflits politiques dans les pays de la sous région etc., social et démocrate, Boni Yayi pourrait une fois président du Sénat user de sa sagesse pour concilier les points de vue, réconcilier le pays et ramener la paix, la tranquillité et l’équilibre démocratique. De tous les membres de droits, la sagesse de Boni Yayi et sa crainte de Dieu bénéficierait au pays s’il était président du sénat mais cela ne saurait être possible sans l’onction de ses paires qui seront installés officiellement demain jeudi 30 Juillet 2026.
Comlan Paul ODAH