Huit mois après l’interpellation de l’opposant Candide Azannaï, son fils Aaron Azannaï dénonce une détention qu’il juge injustifiée et appelle à une décrispation de la vie politique béninoise. Dans un entretien accordé à la journaliste Dalinie Mvemba sur Global Africa, le juriste évoque les inquiétudes de sa famille, la situation des libertés publiques et son propre choix de rester à l’étranger par prudence.
Huit mois après la détention de Candide Azannaï, la famille de l’ancien ministre continue de réclamer des explications sur les raisons de son maintien en détention. Invité de la journaliste Dalinie Mvemba sur Global Africa, Aaron Azannaï, juriste et fils de l’ancien ministre, estime qu’aucun élément concret ne justifie cette situation.
En effet, selon le juriste, malgré les nombreuses démarches entreprises, la famille n’a toujours pas obtenu de réponses claires sur les faits reprochés à Candide Azannaï. « Jusqu’à présent, il n’y a aucune preuve », affirme-t-il, regrettant ce qu’il considère comme une volonté de le maintenir en détention pour une durée indéterminée. Aaron Azannaï confie également qu’il préfère ne pas rentrer au Bénin en raison de ses prises de position sur les réseaux sociaux. Il dit privilégier « la prudence », tout en continuant à défendre publiquement ses convictions. Le juriste rappelle que son père est resté fidèle à ses positions depuis sa démission du gouvernement de Patrice Talon en 2017. Il souligne aussi que l’avocat de Candide Azannaï a déjà soutenu que le dossier de son client était « vide » et demandé sa libération « sans condition et sans délai ».
Au-delà du cas de son père, Aaron Azannaï évoque une dégradation des libertés publiques au Bénin. Il fait référence aux rapports de plusieurs organisations internationales faisant état d’un recul des libertés fondamentales, notamment de la liberté de la presse. À ses yeux, les arrestations d’opposants et de voix critiques traduisent un climat qui pousse de nombreux citoyens au silence. Tout en affirmant qu’il faut continuer à faire confiance à la justice, il appelle à une décrispation de la situation sociopolitique. Pour lui, cette dynamique devrait passer par la libération des détenus politiques, le retour des exilés et l’ouverture d’un dialogue sincère afin de restaurer un climat d’apaisement dans le pays.
Gildas AHOGNI