Les alertes se multiplient à un rythme inquiétant. Il ne se passe pratiquement plus une journée sans qu’une nouvelle publication annonçant la disparition d’un enfant ne fasse le tour des réseaux sociaux. Facebook, les statuts WhatsApp, TikTok et d’autres plateformes sont devenus les premiers relais de ces avis de recherche. Les visages de mineurs disparus défilent sur les visuels, suscitant émotion et inquiétude. Cette fréquence inhabituelle des cas doit désormais interpeller la société.
Le phénomène de la disparition des mineurs semble prendre une ampleur préoccupante. Les cas s’enchaînent. À peine une annonce est-elle diffusée qu’une autre apparaît quelques jours plus tard. Dans certains cas, les bonnes nouvelles finissent par arriver. Les mêmes canaux numériques qui avaient servi à signaler la disparition annoncent le retour sain et sauf de l’enfant auprès de sa famille. Ces dénouements heureux sont rassurants, mais ils ne doivent pas masquer une réalité plus sombre. Pour plusieurs autres disparitions, aucune information n’est communiquée par la suite. Le silence qui s’installe dessine la douleur des familles et laisse planer de nombreuses interrogations sur le sort de ces enfants.
Une chose est évidente. Cette succession de disparitions ne peut être considérée comme une simple coïncidence ou des cas isolés. Elle appelle à une prise de conscience collective, mais surtout une réaction immédiate des parents et des autorités. Plus que jamais, ceux-ci doivent redoubler de vigilance. Les enfants, particulièrement les plus jeunes, ne devraient plus être laissés sans surveillance ou lors des sorties ou déplacements. Ils doivent être sensibilisés aux risques, apprendre à ne pas suivre des inconnus, éviter certains endroits et savoir comment réagir face à une situation suspecte. La prévention est la meilleure manière pour protéger les enfants. Cette exigence de vigilance doit être encore plus pressante en cette période de vacances scolaires.
Les cours de vacances et mise à niveau, les activités récréatives, les sorties entre camarades et les déplacements plus fréquents augmentent les occasions où les enfants échappent momentanément au regard de leurs parents. C’est précisément dans ces moments que les précautions doivent être renforcées. Les familles gagneraient à mieux organiser les déplacements des enfants, à connaître leurs itinéraires et à maintenir un contact régulier avec eux. Au-delà des familles, tous les acteurs de la chaîne de protection de l’enfant doivent se mobiliser. Les pouvoirs publics, les forces de sécurité, les établissements scolaires, les organisations de protection de l’enfance et les collectivités locales ont un grand rôle à jouer pour renverser la pente.
Des campagnes de sensibilisation et d’information doivent être organisées afin d’outiller les parents sur les comportements à adopter, les réflexes à développer et les procédures à suivre en cas de disparition. La protection des enfants est une responsabilité collective. Chaque disparition est un drame potentiel qui appelle une mobilisation .Il faut agir avec méthode, renforcer la prévention et redoubler de vigilance quotidienne. A cette allure, on peut réduire au maximum les cas de disparitions d’enfants.
Mohamed Yèkini