Les relations entre les États-Unis et la France se sont brusquement tendues au Conseil de sécurité de l’ONU. En cause, des critiques françaises sur la position américaine concernant les droits humains, qui ont provoqué une réaction spectaculaire de la délégation de Washington.
La séance du Conseil de sécurité des Nations unies a été marquée, lundi, par un nouvel épisode de tension entre les États-Unis et la France. La délégation américaine a quitté la salle au moment où le représentant français prenait la parole, dans un geste de protestation qui traduit la dégradation des échanges entre les deux alliés sur certaines questions diplomatiques.
En effet, à l’origine de ce coup d’éclat, des déclarations de la mission française auprès de l’ONU à Genève. Paris avait vivement critiqué le vote des États-Unis contre la reconduction du Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme. Les autorités françaises ont estimé que Washington n’était plus le modèle qu’il incarnait autrefois en matière de défense des droits humains, ajoutant que les États-Unis se retrouvaient désormais isolés sur cette question.
En réponse, la délégation américaine a quitté la salle pendant l’intervention française. De retour à son siège, l’ambassadeur adjoint des États-Unis auprès de l’ONU, Dan Negrea, a dénoncé ce qu’il a qualifié de « posture hypocrite lassante » de la France. Il a affirmé que Washington avait jusque-là toléré cette attitude par respect pour les autres membres permanents du Conseil de sécurité.
Le diplomate américain a également accusé Paris de vouloir « donner des leçons à tout le monde ». Cet échange musclé illustre les divergences grandissantes entre les deux partenaires occidentaux sur les questions de gouvernance internationale et de droits humains, malgré leur coopération sur plusieurs dossiers stratégiques.
Gildas AHOGNI