Dans les grandes villes du Bénin, les produits censés lutter contre la faiblesse sexuelle et l’éjaculation précoce connaissent un grand essor. Des marchés aux bars-restaurants, en passant par les places publiques, les gares routières et même les moyens de transport en commun, vendeurs ambulants et commerçants sortent le grand jeu pour écouler leurs marchandises. Poudres, tisanes, potions, pâtes, sirops ou liquides sont présentés comme des solutions miracles capables de restaurer la virilité en quelques minutes ou de prolonger considérablement les rapports sexuels. Mais derrière ces promesses alléchantes se cache une réalité beaucoup plus préoccupante : ces produits peuvent représenter un véritable danger pour la santé de leurs consommateurs.
A Cotonou, Abomey-Calavi, Parakou, Porto-Novo et d’autres villes, il n’y a pas cet endroit que les commerçants des produits pour lutter contre la faiblesse sexuelle ou l’éjaculation précoce ne sillonnent. Ultime objectif, vendre leurs marchandises. Le commerce de ces préparations grandit grâce à un sujet qui demeure encore tabou. Beaucoup d’hommes, gênés de parler de leurs difficultés sexuelles avec un professionnel de santé, préfèrent se tourner vers ces remèdes vendus sans ordonnance et à des prix accessibles. Les vendeurs profitent de cette vulnérabilité pour vanter les mérites de produits dont les origines sont souvent inconnues et dont la composition n’est accompagnée d’aucune garantie médicale. La plupart sont élaborés à partir de substances dont la composition exacte reste inconnue du consommateur. Les poudres, tisanes, liquides ou pâtes sont généralement confectionnés dans des conditions qui échappent à tout contrôle sanitaire. Aucun laboratoire indépendant ne certifie leur qualité ou leur dosage. À cela s’ajoute un autre problème.
Ces produits ne tiennent aucunement compte des particularités de chaque individu. Les allergies, les maladies chroniques, les traitements médicaux en cours ou les antécédents cardiovasculaires ne sont jamais pris en considération. Une même préparation est vendue à tous les clients, sans consultation. Une pratique qui expose les consommateurs à des réactions allergiques graves et à des intoxications parfois graves. Selon des spécialistes de la santé, certains de ces produits peuvent contenir des substances aphrodisiaques très puissantes ou même des composés psychotropes destinés à renforcer artificiellement les performances sexuelles. En forçant l’organisme à maintenir un rythme sexuel élevé, ces substances sollicitent excessivement le cœur et les vaisseaux sanguins. Chez des personnes souffrant d’hypertension, de diabète ou d’autres maladies cardiovasculaires, les conséquences sont parfois dramatiques. Même des personnes apparemment en bonne santé peuvent être victimes de complications lorsque leur organisme est soumis à une activité cardiaque excessive provoquée par des produits dont les doses ne sont adaptées.
Malgré ces risques, le marché continue de grandir, alimenté par une publicité agressive qui présente ces préparations comme des solutions idoines. Les vendeurs promettent une efficacité immédiate sans jamais évoquer les effets secondaires ou les dangers. Le manque d’information des consommateurs favorise ainsi la prolifération d’un commerce qui échappe largement aux circuits officiels. Face à cette situation, les personnes souffrant des maux dont l’éjaculation précoce ou la faiblesse sexuelle doivent faire attention. Ces maladies peuvent être prises en charge par des professionnels sa santé de manière sécurisée. Dans la quête de performances sexuelles, le véritable remède reste avant tout des soins médicaux adaptés plutôt que des poisons vendus à portée de main.
Mohamed Yèkini