André Santini, maire emblématique d’Issy-les-Moulineaux, Hauts-de-Seine, depuis 1980 et ancien ministre, est décédé dans la nuit du dimanche 31 mai au lundi 1er juin 2026 à l’âge de 85 ans. Il était l’une des figures politiques les plus durables et reconnues de France
Réputé pour ses bons mots, ses colères légendaires et son penchant pour le cigare, André Santini (UDI) était très affaibli depuis plusieurs mois. Pendant son demi-siècle de mandat, il a transformé l’ancienne ville ouvrière des Hauts-de-Seine en un « médialand », accueillant les sièges de nombreux médias. La fin de sa carrière avait été marquée par des accusations de harcèlement sexuel et moral.
Maire d’Issy-les-Moulineaux durant plus de 45 ans malgré des pratiques contestées et des accusations d’agression sexuelle, baron de l’Union pour la démocratie française (UDF), plusieurs fois ministre, ce « vieux briscard », comme il se présentait lui-même, constituait avant tout un pilier de la droite, en particulier dans une de ses plus belles places fortes, les Hauts-de-Seine. Sa gouaille, ses blagues soigneusement travaillées et compilées dans des livres, ses vacheries débitées à la radio et la télévision constituaient autant d’outils lui assurant une solide notoriété, mise au service de son ambition politique. « Retrouvons le sourire », clamait son slogan, clamait son slogan de 2004, lorsqu’il menait la liste UDF aux élections régionales en Ile-de- France.
D’André Santini, il serait tentant de ne garder que les bons mots, sa grande spécialité. En 1989, il avait décroché une première fois le prix de l’humour politique pour avoir exécuté d’un trait le ministre de la justice d’alors : « Saint-Louis rendait la justice sous un chêne. Pierre Arpaillange la rend comme un gland ! » Il avait récidivé l’année suivante, au détriment de l’archevêque de Lyon : « Mgr Decourtray n’a rien compris au préservatif. La preuve, il le met à l’index. » Autre flèche, à propos de Raymond Barre : « C’est mon compagnon de chambre. Il dort à côté de moi à l’Assemblée. ».
Sa dernière apparition publique remonte au 28 mars 2026, au conseil municipal d’installation qui l’a élu maire pour la neuvième fois. Malgré son état de santé très altéré, André Santini avait tenu à rempiler, encore. Mais pour la première fois, il avait dû affronter un second tour. Pour la première fois aussi, il n’avait pas fait campagne. Hospitalisé depuis octobre, après une mauvaise chute et des problèmes cardiaques, André Santini n’avait rencontré ses soutiens que le 8 mars, lors d’un brunch.
Depuis l’élection, son état de santé s’était fortement dégradé. Né le 20 octobre 1940 à Paris, dans le XIVe arrondissement, il est Issu d’une famille modeste dont les racines sont en Corse. il a grandi à Courbevoie (Hauts-de-Seine) où il devient adjoint au maire après des études de droit, de sciences politiques et de japonais.