Six hommes soupçonnés d’avoir tenté de renverser le pouvoir au Nigeria ont comparu devant la justice. Ils nient en bloc des accusations lourdes de trahison et de terrorisme.
À Abuja, la justice nigériane a ouvert un procès hautement sensible : six personnes accusées d’avoir participé à une tentative de coup d’État en 2025 ont plaidé non coupables devant la Federal High Court ( Haute Cour Fédérale). Parmi elles figure un général à la retraite, poursuivi aux côtés d’autres civils et d’un policier, dans ce qui constitue l’une des affaires judiciaires les plus graves depuis l’arrivée au pouvoir du président Bola Tinubu.
Selon l’accusation, les prévenus font face à 13 chefs d’inculpation, dont complot de trahison, terrorisme et financement du terrorisme. Ils sont soupçonnés d’avoir cherché à « faire la guerre à l’État » afin de renverser le gouvernement. Un septième suspect, un ancien gouverneur, est toujours en fuite.
Un complot déjoué tardivement reconnu
L’affaire remonte à 2025, lorsqu’un projet de putsch impliquant des militaires et des civils aurait été déjoué. Fait notable, les autorités avaient initialement nié l’existence de ce complot avant de reconnaître, en janvier 2026, avoir empêché une tentative de renversement du pouvoir.
Les enquêteurs affirment que les accusés avaient connaissance des activités du principal instigateur présumé, le colonel Mohammed Alhassan Ma’aji, sans alerter les autorités.
La juge a renvoyé l’affaire au 27 avril et ordonné le maintien en détention des suspects, malgré des demandes de libération sous caution. Le gouvernement, par la voix du procureur général, souhaite un procès rapide, invoquant la gravité des faits.
Ce dossier intervient dans un contexte régional marqué par une recrudescence des coups d’État en Afrique de l’Ouest. S’il avait abouti, ce putsch aurait mis fin à plus de deux décennies de régime démocratique au Nigeria, en place depuis 1999.
La suite du procès sera déterminante pour évaluer l’ampleur réelle de cette menace et la solidité des institutions nigérianes face aux tentatives de déstabilisation.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU