Les autorités du Niger envisagent de restituer une partie de l’uranium produit avant la reprise de la mine. Cette ouverture intervient alors que le contentieux avec l’entreprise française reste entier.
« La France a ses 63,4% de 156 231 tonnes. S’ils veulent demain qu’on leur envoie ça, nous payons nous-mêmes le transport pour leur envoyer parce qu’ils étaient là au moment où ça a été produit. Mais tout ce qui a été produit par la suite est nigérien. Et restera nigérien, inshallah » à déclaré le président Abourahamane Tiani. Une décision qui relance le litige existant entre le Niger et la société française Orano ( actionnaire majoritaire de la Somaïr).
La mine opérée par la Somaïr, située à Arlit, a été nationalisée en juin 2025. Les autorités affirment que toute production postérieure appartient désormais entièrement à l’État. Elles défendent une stratégie visant à mieux contrôler les ressources naturelles et à accroître les retombées économiques pour le pays.
Le groupe minier estime avoir été dépossédé de ses actifs. Deux procédures ont été engagées, notamment devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (Cirdi). En parallèle, une enquête a été ouverte à Paris concernant le stock d’uranium. De son côté, Niamey envisage aussi une plainte contre l’entreprise française, évoquant des impacts environnementaux liés à l’exploitation passée.
Le Niger cherche à redéfinir ses partenariats miniers et à diversifier ses alliances. La possible restitution d’une partie du minerai pourrait apaiser temporairement les tensions, sans pour autant régler définitivement le litige.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU