Au-delà de l’élection des conseillers communaux dans le cadre des élections du 11 janvier 2026, ce scrutin ouvre également la voie à la désignation des nouveaux maires et des chefs d’arrondissement. Une étape tout aussi cruciale, car elle révèle l’orientation politique et administrative des collectivités locales. Cependant, selon les nouvelles dispositions notamment la loi n°2024-13 du 15 mars 2024, cette désignation ne se fait plus de manière directe par le vote populaire.
En effet, conformément aux nouvelles dispositions du Code électoral en vigueur au Bénin, les maires sont désignés au sein des conseils communaux, sous l’influence déterminante des partis politiques ayant obtenu la majorité. Cette méthode a pour conséquence immédiate l’ouverture d’une intense période de tractations internes, communément appelées « jeux de couloirs », dans les états-majors des formations politiques. Dans ce contexte, les stratégies de séduction se multiplient. Les élus pressentis rivalisent d’initiatives pour gagner la confiance des dirigeants de leurs partis. L’objectif est clair : être le choix porté par le parti pour occuper le fauteuil de maire en cas de majorité au sein du conseil communal. La bataille s’annonce d’autant plus déterminantes que certains maires sortants, malgré un bilan jugé peu élogieux par une partie de l’opinion, n’entendent pas céder leur siège.
Face à eux, de nouveaux prétendants convoitent ce fauteuil devenu plus que jamais stratégique. Cette situation alimente les tensions internes et monte les rivalités au sein des partis. Ainsi, les jeux de couloirs se multiplient, souvent loin des regards du public, mais avec des enjeux considérables pour l’avenir des communes. Alliances de circonstance, promesses politiques, tout semble permis pour s’imposer dans cette phase décisive. Pour les chefs de partis politiques, l’équation devient particulièrement complexe. Ils portent la lourde responsabilité de désigner les maires, un choix qui doit à la fois préserver l’unité du parti, récompenser la loyauté et répondre aux attentes des populations. Un exercice qui, dans bien des cas, s’annonce délicat et déterminant pour la crédibilité des formations politiques sur l’échiquier national.
Mohamed Yèkin