Ø ODD16 : Paix, justice et institutions efficaces.
Quand l’alternance démocratique n’est plus possible, les armes crépitent malheureusement ! L’alternance démocratique est souvent présentée comme l’un des piliers essentiels d’un régime politique stable et légitime. Et ce principe fondamental semble être fragilisé depuis peu au Bénin.
Le dimanche 07 décembre 2025, les béninois et béninoises se sont réveillés avec une vidéo qui tourne en boucle à la télévision nationale annonçant un coup d’Etat. Des militaires à leur tête, le lieutenant-colonel Pascal TIGRI annonçant désormais prendre les rênes du Bénin. Même si l’armée régulière a repris le contrôle avec le soutien de la France et du Nigéria, le Bénin se retrouve à la croisée des chemins. De mémoire, le dernier coup d’Etat, celui, de Mathieu KEREKOU remontait aux années 1972. Et après la période révolutionnaire marqué par des assassinats crapuleux, des violations des droits humains et une économie fragile, le Bénin a tiré les leçons de son passé en retournant l’armée dans les casernes. Mais malheureusement entre l’idéal démocratique oint par les pères fondateurs à la Conférence Nationale des Forces Vives de 1990[1] et les mutations politiques récentes portées par les réformes, le Bénin peine à s’accorder. Le consensus est bien plus fragile aujourd’hui qu’hier, les partisans (mouvance et opposition) sont désormais dans des enclos érigés pour servir des desseins aux couleurs insaisissables. Cité souvent comme modèle de démocratie au sein de l’Afrique de l’Ouest mais les derniers événements montrent que le modèle béninois vacille et peut-être plus fondamentalement qu’il est en train de s’éroder. Et cette tentative de coup d’Etat de ce dimanche est expressive de la situation politique du pays. Dès lors, des interrogations profondes méritent d’être posé : comment garantir un système où la compétition reste ouverte, inclusive et équitable ? Comment éviter que les mécanismes institutionnels servent à verrouiller le jeu politique plutôt qu’à l’animer ?
Les tenants et aboutissants du problème.
Au sortie de la conférence nationale des Forces vives de la Nation, le Bénin a choisi la voie de la Démocratie[2] et du multipartisme intégral en opposition au parti unique sous la période révolutionnaire. Mais dans son allé retour entre opposition et mouvance, le pouvoir politique a tôt fait de commencer par assener des coups qui au fil du temps sont devenus fatal à la démocratie. De Nicéphore Dieu Donné SOGLO à Patrice TALON en passant par Mathieu KEREKOU et Boni YAYI, chacun d’eux en tant que Président de la République a initié des reformes politiques et institutionnelles qui dans leur application ont porté atteinte d’une certaine manière à la Démocratie béninoise. Le pouvoir de Patrice TALON s’est démarqué de façon exceptionnelle par des réformes du système partisan et des ajustements institutionnels opérés entre 2016 et 2025. L’adoption d’un code électoral et d’une charte des parti politique défiant toute clarté, la perpétuation du quitus fiscal et du certificat de conformité ont été mis en branle pour maitriser les législatives de 2019. Ces réformes ont occasionné l’exclusion d’une bonne partie de la classe politique. A ces législatives de 2019, seuls les deux partis politiques de la majorité présidentielle ont siégé durant la 8e législature. Toute opposition sera matée et l’armée a été sortie pour la première fois depuis 1990 pour réprimer dans le sang les manifestants[3].
En 2021, pour la présidentielle, les figures de proue sont écartées non seulement par l’introduction du parrainage mais aussi du montant exorbitant de la caution qui passe de cinq millions de francs CFA à cinquante millions de francs CFA. A l’arrivée les challengers de taille ont été écartés et condamné plus tard à de peine lourdes de prison. Pour les observateurs de la vie politique, il s’agit là d’un affaiblissement des institutions de contre-pouvoirs essentiels qui au lieu de jouer leur rôle ont contribué à fragiliser l’équilibre démocratique. La justice fortement impliquée dans des dossiers à dimension politique est perçu par une grande partie comme perdant progressivement son indépendance.
Quant à l’Assemblée nationale, elle a progressivement perdu l’initiative des lois car la plupart des lois votées entre 2016 et 2025 sont des projets de lois du gouvernement porté par un député de la majorité présidentielle. Aussi les mécanismes de contrôle de l’action gouvernementale sont quasi inexistants. « Questions orales au gouvernement », « enquêtes parlementaires » sont devenus désuète si on peut le dire ainsi car perdu dans la pratique parlementaire. Mieux encore, l’Assemblée nationale du Bénin ne ratifie plus les accords de prêt au profit de l’exécutif, elle se contente d’être informé par le chef du gouvernement de toute opération sur le marché financier dans un délai de trois mois. Ce qui pose véritablement un problème d’orthodoxie dans la gestion des finances publiques et rend difficile la redevabilité.
En mars 2024, le code électoral est révisé une énième fois pour relever le seuil de parrainage pour être candidat à la présidentielle ou pour qu’un parti ait une représentation parlementaire. Déjà dans son rapport de 2025, «Freedom in the Wold » classe le Bénin ‘’Partly free’’(partiellement libre) , avec un score global de 60/100 (droits civiques+ libertés civiles). Le rapport note un recule des droits politiques, des libertés civiles et des restrictions croissantes des libertés d’expression et de croyance. Des reformes électorales (notamment le seuil des 20% des voix pour accéder au parlement) et l’usage du système judiciaire contre l’opposition sont évoqués comme des facteurs de recul démocratique. Ces barrières supplémentaires ont fragilisé le parti « Les Démocrates », le plus grand parti de l’opposition qui ne pourra pas participer à l’élection présidentielle ce qui restreint le pluralisme. Ainsi, la mouvance présidentielle se retrouve une fois encore sans véritables challengers pour les élections de 2026.
Le code du numérique en vigueur au Bénin devient l’outil de contrôle et de restriction de la liberté d’expression. En 2025, Amnesty International, Reporters Sans Frontières(RSF)[4] et d’autres organisations ont alerté sur « une vague d’attaques » contre la presse béninoise au Bénin. Plusieurs sites web, journaux et même compte d’information Tik Tok ont été suspendus par le régulateur des médias. Selon Amnesty, le projet de révision du Code du numérique pose des risque graves pour la liberté d’expression : il contient des dispositions utilisées pour justifier des suspensions arbitraires de médias. La dernière décision de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication(HAAC) en date du 13 novembre 2025, c’est 130 journalistes qui se sont vu leur carte de presse retirer[5]. Mieux un journaliste en exil et sous protection du Haut-Commissariat des Nations-Unis pour les Réfugiés (HCR) a été enlevé en territoire étrangère et ramené au Bénin en violation de tous ses droits. Trois mois déjà qu’il séjourne en prison sans contact extérieur ni avec sa famille ni avec ses Avocats. Ni même le procureur de la République depuis son arrestation n’a daigné faire une sortie médiatique pour éclairer l’opinion publique. Tous les appels des organisations du système des Nations Unis appelant à sa libération sont restés vains.[6]
Dans le Bénin de Patrice TALON, difficile aux acteurs des médias d’exercer librement et de façon indépendante leur métier. Des plateaux de télévision ont disparu les débats contradictoires laissant place à la propagande et à la pensée unique, ce que M. Edouard LOKO actuel président de la HAAC a appelé de ‘’la normo communication’’ quand il était membre de la Direction de la communication du président de la République.
Pendant ses deux mandants, Patrice TALON aura introduire cinq tentatives de révision de la constitution et deux lui ont réussi, celles de 2019[7] et de 2025(attend toujours sa promulgation). Après les deux échecs successifs de 2017 et de 2018 malgré qu’il avait la majorité absolue des députés à l’Assemblée nationale; toute une manouvre a été mis sur pied pour y arriver car il savait que désormais qu’il ne lui restait plus qu’une option vu qu’il a exclu d’aller au référendum[8]. Sur une proposition de loi des députés Aké NATONDE et Adam SEIBOU, du 14 au 15 novembre 2025, la majorité parlementaire révise la Constitution du Bénin sans aucun débat politique national. Cette révision a adopté une réforme constitutionnelle majeure : le mandat présidentiel passe de cinq à sept ans, tout comme les mandats des députés, des maires et des conseillers locaux. En même temps, un Sénat est créé.
Officiellement, ces réformes visent à « renforcer la stabilité institutionnelle » et donner le temps nécessaire pour la mise en œuvre de politiques à long terme. Mais, pour beaucoup, elles incarnent plutôt une concentration du pouvoir et un affaiblissement des garanties démocratiques. En effet, le nouveau Sénat inclura des membres nommés d’anciens responsables, figures proches du pouvoir ce qui pourrait neutraliser la diversité d’opinions et la représentation effective. Mieux ce Sénat dans ses attributions peut se substituer aux tribunaux et cours pour déchoir quelqu’un de ses droits civiques et politiques. Une exception béninoise car habituellement un sénateur est un élu. Il faut le rappeler, la Cour constitutionnelle du Bénin dans sa décision du 19 août 2014 a érigé le consensus national en principe à valeur constitutionnelle[9]. Mieux, elle exclut de toute révision de la constitution des options fondamentales à savoir : la forme Républicaine de l’Etat Béninois, la laïcité, la durée du mandat présidentielle, un mandat renouvelable une fois puis l’âge requis de 40ans au moins et 70 ans au plus à la date de la candidature[10].
Pourquoi l’alternance démocratique est indispensable et ce que révèle son absence
Point besoin de nous rappeler que le Bénin est connu pour sa transition démocratique exemplaire depuis la Conférence nationale de 1990, qui fut le symbole d’une lutte collective pour la liberté d’expression et la pluralité politique. Habitué aux jeux démocratiques, les élections pour le peuple béninois sont des moments festifs mais surtout des moments de sanctions. C’est tout le sens que revêt la notion de démocratie qui suppose que le peuple puisse choisir ses gouvernants. Or, il n’y a de choix véritable que si l’électeur peut se prononcer entre plusieurs offres politiques c’est pourquoi le peuple, celui du Bénin attend patiemment le jour du vote pour sanctionner l’acteur politique qui a failli ou pour plébisciter celui ou celle qu’il juge de confiance.
Ce modèle voyageur a été mis en marche avec fortune diverse dans plusieurs pays de la sous-région. Surplombant les échecs et les réussites modérées dans d’autres espaces, le modèle démocratique, celui du Bénin, a su, à chaque fois, se réinventer, s’affermir et se consolider grâce à l’esprit républicain qui a toujours caractérisé les porteurs de responsabilité publique missionnés par le peuple souverain sur différentes strates de pouvoir. Elle a su s’affranchir des tutelles malicieuses et malveillantes qui voulaient l’apprivoiser. La démocratie est le régime juridique dans lequel le peuple, détenteur de la souveraineté exerce le pouvoir. Mais hélas la gouvernance teinté d’exclusion, d’emprisonnement de figures politiques, d’éviction méthodique et volontaire des forces politiques de l’opposition de presque toutes les consultations électorales et la détention arbitraire de jeunes activistes ou d’acteurs politiques puis à cela s’ajoute le musèlement des médias et l’emprisonnement de journalistes ont été les signes déclencheurs de ce qui est arrivée ce dimanche 07décembre 2025.
Contrairement à la Démocratie populaire bâtie sur la négation de la liberté individuelle, du pluralisme et sur l’hégémonie du parti sur l’Etat, la démocratie libérale celle choisit par le Bénin consiste simultanément en la distinction de la sphère publique de celle privé, le primat des droits de la personne et l’organisation de la compétition politique. La démocratie, c’est le choc des idées disaient Monsieur Frédéric Joël AÏVO, Professeur Titulaire de Droit Constitutionnel[11]. Pour lui, c’est de l’essence même de la démocratie que les idées et idéologies ne convergent. C’est le système par excellence de discussion, d’émission des avis contraires et d’en arriver à un consensus. Il est donc difficile dans un tel système de refuser la divergence des idées et de travailler dans l’ombre des lois à obtenir une pensée unique.
La démocratie doit respirer autrement elle explose. Ce qui arrive au Bénin est la conséquence depuis de nombreuses années des reformes politiques dont le seul but est de renforcer à tout bout de champ le pouvoir politique. Le Bénin après avoir montré le chemin de la Démocratie a fini au fil des différents gouvernements par se dévoyer lui-même. Quand on retire le droit de vote à une bonne partie du peuple en lui imposant des candidats alors ce qui est arrivé ne devrait pas étonner. La démocratie repose sur des principes universels que sont la séparation des pouvoirs, l’indépendance des juges, le contrôle de la constitutionnalité des lois et la légalité des actes administratifs ainsi que la protection des droits humains.
Chaque violation de l’un des principes universels de la démocratie nous rapproche du chaos. Et pendant longtemps, la société civile bien que fragilisée a tiré la sonnette d’alarme chaque fois qu’un pas de plus est franchis vers l’exclusion. L’exclusion crée la frustration et la frustration engendre le chaos et bien nous y voilà. La tentative de coup d’Etat de ce dimanche laisse un précédent. C’est un signal fort et palpable du recul démocratique du Bénin. Même dans les régimes d’exception comme le Bénin un coup d’Etat militaire n’est pas la solution. On est témoin vivant du chaos que vit le peuple soudanais, la violation flagrante des droits humains au Burkina-Faso avec le retour de la peine de mort, la disparition d’acteurs de la société civile en Guinée Conakry et la liste est longue. On peut sans ambages amputer à Monsieur Patrice TALON et la classe politique la responsabilité de ce qui est arrivé.
Venu au pouvoir par une élection démocratique en 2016, monsieur Patrice TALON aura très tôt fait de rabattre les cartes du jeu démocratique. Il faut lui reconnaitre ses efforts de rendre le Bénin attrayant pour les touristes et les opérateurs économiques, de construire des infrastructures socio communautaires de qualité mais la facture est trop cher payé pour les Béninois dans leur majorité. A travers des réformes politiques et en usant des institutions de la République M. Patrice TALON a dans l’ombre des lois procédé méthodiquement au démantèlement du système démocratique béninois. «Il n’y a point de plus cruelle tyrannie que celle que l’on exerce à l’ombre des lois avec des couleurs de la justice » disait Montesquieu[12]. Oui, au nom de la loi les libertés individuelles ont régressé, le droit de grève limité, un code du numérique qui fait réprimer toute expression libre, des journalistes emprisonnés mais tout ceci reste gérable pour le Béninois car il attend les élections pour régler ses comptes avec ses mandants.
Le peuple béninois dans sa majorité attendait avec impatience les élections générales de 2026 pour décider de la continuité ou non du régime de Patrice TALON. Même si le Président sortant affirme qu’il ne briguerait pas de troisième mandat, le choix de son successeur qui n’est membre d’aucun des partis de la coalition de la majorité réduit le champ du débat politique. La démocratie exige le libre jeu des partis, des candidatures, des idées ; or, quand la succession est presque « programmée », le peuple n’a plus qu’un rôle secondaire, celui d’entériner un choix déjà décidé en coulisse. Mieux le plus grand parti de l’opposition a été écarté faute de parrainages par un scénario savamment orchestré. De ce fait, si l’on cumule ces éléments, le risque n’est plus simplement que l’alternance échoue, c’est qu’elle devienne structurellement impossible. Ce n’est plus un accident, c’est un choix assumé. Le seul système politique qui garantit et protège aux mieux tous les citoyens et même les gouvernants reste et demeure la démocratie. Ce système a beau été dévoyé par certains il reste le mieux acceptable de tous.
Pistes de solutions
La situation qu’a connu le Bénin en ce dimanche 7 décembre 2025 laisse un précédent et est un avertissement sans détour à l’adresse de tous ceux qui, aujourd’hui ou demain, seront investis de l’autorité publique car la démocratie quand elle est étouffée cherche tous les voies et moyens pour respirer, au mieux elle finit par exploser pour se libérer car c’est un système de liberté. Ce tournant qui s’annonce paraît inquiétant et commande une observance stricte des saines règles d’équité, d’intégrité, de justice et de transparence dans la conduite du processus électoral et dans l’arbitrage de tous contentieux qui en découleraient.
Refuser l’évidence n’aiderait pas. Le Bénin vit un tournant institutionnel profond. Mais l’espoir démocratique ne doit pas céder à la fatalité car les coups d’Etats militaires ne sont pas la solution. Les militaires ne sont pas des libérateurs. Ils surfent sur la détresse des peuples pour s’arroger le droit d’agir en leur nom et pour finir par les mater à la moindre occasion. Le Bénin peut bel et bien s’en sortir. Plusieurs pistes, réalistes et nécessaires, peuvent être explorées pour redonner sens à l’alternance politique.
Réforme urgente du code électoral et des conditions de parrainage. Il faut ramener les seuils de parrainage à des niveaux qui permettent à de nouveaux candidats, à des partis émergents ou à des citoyens engagés de se présenter. Sans cela, le pluralisme restera formel et la compétition politique une illusion.
Mise en œuvre d’un Sénat représentatif et démocratique. Si le Sénat doit exister, il faudrait que ses membres soient largement élus et pas simplement nommés ou cooptés afin de garantir la diversité des opinions politiques et sociales du pays. Une sélection démocratique renforcerait sa légitimité. Mais en réalité, le Bénin n’a pas besoin de charges supplémentaires vu ses ressources déjà limitées. Il serait judiciable de réorienter ces ressources qui seront allouées au Sénat vers la construction de bibliothèques équipées, de salle de classes modernes, de centres de santé et d’améliorer les conditions d’étude des étudiants dans les universités.
Le respect de l’Etat de droit. La mise en œuvre de l’Etat de droit accompagne la mise en œuvre de la démocratie. L’Etat de droit suppose la soumission de la puissance publique aux règles de droit qu’elle a elle-même érigé, qu’elles l’arrangent ou pas, elle est tenue de les observer, de s’y plier. C’est aujourd’hui un gage de sécurité pour les citoyens et surtout de respect des règles du jeu démocratique. La soumission de l’Etat aux lois comprend ainsi le respect des différentes générations des droits humains et des libertés publiques, indispensable à l’action du citoyen dans l’Etat. L’Etat de droit est en conséquence indissociable de la démocratie.
Renforcement du contrôle citoyen et de la société civile. Journalistes, acteurs de la société civile, citoyens, tous doivent pouvoir surveiller et dénoncer sans crainte les dérives, encourager la transparence, défendre la liberté d’expression et garantir un débat politique de fond, plutôt qu’un simulacre d’élections.
Education civique et mobilisation populaire. Le droit de vote et le régime d’alternance ne suffisent pas ; il faut une population engagée, informée, capable de juger, d’exiger des comptes, de débattre. Cela suppose des efforts d’éducation, d’information, de formation y compris au niveau local, communautaire, pour la jeunesse.
Amélioration du vivre ensemble béninois. Refuser tout propos régionaliste et actes visant à stigmatiser sur la scène politique une région du pays. Les derniers évènements sur la scène politique en dit vraiment long sur la fragilité du vivre ensemble béninois. Le bannissement de tout recours à la mobilisation politique par des discours et des actions à caractère discriminatoire entre groupes ethniques ou religieux. La fibre patriotique doit emmener à travailler pour la paix.
Financement juste et équitable des partis politiques : Le Bénin dispose d’une loi sur le financement des partis politiques mais sa mise en œuvre est biaisé et profite plus aux partis de la mouvance présidentielle. Il faudra changer le mécanisme de financement public des partis et des activités politiques, qui seront basés sur des incitations, afin d’encourager et récompenser les partis qui adoptent les pratiques correspondant aux valeurs et principes démocratiques et sanctionner ceux qui ne le font pas. L’allocation de ressources publiques accordée aux partis ne devrait donc pas dépendre seulement des résultats électoraux obtenus ou du nombre d’élus au Parlement, mais aussi d’une évaluation annuelle de leur contribution à la consolidation de la démocratie sur la base de critères précis définis à l’avance.
En conclusion, le Bénin dans sa vision de développement a lancé son agenda, « Bénin 2060 ALAFIA, un monde de Splendeurs »[13] après celle de 2025 « Vision Bénin Alafia 2025 ». Dans cet agenda il y a deux scénarios qui sont décrits, si l’Etat de droit est respecté et l’alternance démocratique assurée, le Bénin sera dans le scénario « Alafia » qui veut dire paix. Le second scénario dans lequel tous les voies démocratiques sont obstruées, l’alternance devenue impossible et bien le scénario « Wahala » (conflit) prend place. Et bien nous y sommes malheureusement.
Un coup d’Etat ne profite à personne. Ni au peuple qui se retrouve coincer entre les ambitions rivales, ni au pouvoir qui perd la face, ni à la nation qui se ridiculise dans les manchettes des journaux internationaux. Et si certains rêvent encore du salut des armes, ils oublient que les balles n’accouchent jamais d’autres chose qu’une mascarade nouvelle. Le Bénin fait face aujourd’hui à un tournant historique, soit ses institutions se réforment de manière à restaurer la démocratie, l’alternance, la liberté politique soit il bascule dans un régime où le changement est rendu quasi-impossible (heureusement que la tentative de coup d’Etat du dimanche 07décemebre 2025 à échouer), et où le pouvoir finit par se transmettre comme un héritage. À ceux qui aiment ce pays, aiment la justice, la liberté, l’avenir des générations futures, il reste un choix à faire celui de défendre la démocratie non pas comme un symbole, mais comme un bien concret, prêt à se battre. Ne voyons pas l’alternance non seulement comme simple changement de nom à la tête de l’État, mais comme une véritable rotation des idées, des acteurs et d’un projet politique pour les générations futures. Et pour finir la démocratie est pour les Etats un horizon à atteindre, une quête perpétuelle. De tous les système politique, la Démocratie c’est elle qui garantit une alternance crédible et que même les pays de grande monarchie y pensent sérieusement en témoigne la déclaration du Roi Abdallah d’Arabie Saoudite à la tribune de la 53e Assemblée générale des Nations Unis, le 23 septembre 1998 « Un jour l’Arabie Saoudite arrivera à la démocratie ».
SIGLES
HCR : Haut-Commissariat des Nations pour les Refugiés
RSF : Reporter Sans Frontière
HAAC : Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication
ONU : Organisation des Nations Unis
GSoD : Global State of Démocracy-Benin
BIBLIOGRAAPHIE
ü R. DOSSOU, « Les droits de l’homme dans la jurisprudence de la Cour constitutionnelle du Bénin », in Liber amicorum Michel Melchior, Liège, Strasbourg, Bruxelles : parcours des droits de l’homme, Bruxelles, Anthémis, 2010, p. 326.
ü F.J. AÏVO, « Radioscopie sommaire de la justice constitutionnelle au Bénin », NCCC 2005, n°47, p.99-112, spéc. p.100).
ü L’ensemble des décisions de la Cour constitutionnelle citées sont disponibles sur son site officiel http://www.cour-constitutionnelle-benin.org/
ü D. KINDOHO, Un enfant du Bénin debout. Juin 2024.534p
ü M. ZOUMENOU, Destruction et recul démocratique : Tous ensemble contre le Bénin”, La Nouvelle Tribune, https://lanouvelle tribune.info
ü M.ZOUMENEOU, Les Assassinats politiques au Bénin 2019-2021, Scribd, https://fr.sribd.com
ü Le Bénin classé 90e sur 142 dans l’indice de l’Etat de droit, Wold JusticeProject, https://worldjusticeproject.org
ü Bénin : une gouvernance démocratique et politique, Gorée Institute https://goreeinstitut.org
ü Prof. C. OOSSE Benin: la Question de l’Alternance Démocratique et le Cas Wadagni”, 2025 Tribune / réflexion politique (site béninois) Benin
ü International IDEA, Global State of Démocracy-Benin (Democraty Traker/ GSoD)2025 https://www.int/democracytraker/country/benin
ü – Afrobarometer, flagship Report&country socorecards(Benin), 2024-2025
https:/www.afrobarometer.org/publication/ad321-beni/ns-democracy-living-its-reputation
ü https://gouv.bj
ü Rapport sur l’état de la liberté de la presse au Bénin en 2021, Media Foundation For West Africa https://www.mfawa.org
ü Textes fondamentaux des Médias au Bénin, Friedrich-Ebert-Stiftung
https://library.fes.de
ü Bénin. La fermeture de 7 médias viole le droit à liberté d’expression, Amnesty International https://www.amnesty.org
BIOGRAPHIE
Journaliste de profession, Nelie DODJINOU est l’une des voix qui porte quand il s’agit de défendre la Démocratie. De ses 13 ans de métier de journaliste, elle s’est illustrée dans les médias au Bénin en tant qu’analyste politique. Très férue sur les sujets d’actualités politique et de géopolitique, elle a travaillé au service de l’information de plusieurs rédactions. De la radio à la Télévision en passant par la presse écrite, Nelie DODJINOU est journaliste multimédias avec une passion particulière pour la radio. En tant que Chef Desk politique du media en ligne « Crystal news » elle a signé le ‘’Billet politique’’ de 2020 à 2022. Et sur « Sunvi Media » ça va être des chroniques de sociétés « la Chronique de Nelie ». Elle a été Rédactrice en Chef du bimensuel « Compétence Mag » où elle a assuré la coordination de toute l’équipe et la gestion du partenariat public.
Titulaire d’un Master en Droit de la Démocratie, Droits Humains et des Peuples puis d’une Maîtrise en Droit Privé, Nelie DODJINOU est spécialiste des questions de gouvernance politique.
Consultante et formatrice en Genre et Médias. A ce titre elle a travaillé sur plusieurs programmes et projets dont les plus récents : le Programme d’Appui à l’Egalité du Genre (PAEG1), Gender Trainer sur le projet Media4Peace/FRSD/ECOWAS/GIZ-BERLIN
Experte des Droits de la Santé Sexuelle et de Reproduction Nelie DODJINOU est Militante de la justice reproductive, elle est Fellow du programme JustElle de Ipas Afrique Francophone et de le l’Université militante du Centre ODAS.
Militante des droits Humains, membre actif de Amnesty-International-Bénin, elle intervient actuellement sur la campagne des Violences Gynécologique et Obstétricale.
Leader d’association, elle est la Directrice Exécutive de l’association des Jeunes Juristes du Bénin et la Coordonnatrice du département de l’Ouémé du Réseau Alumni Jeune Leader du Bénin.
Nelie DODJINOU
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