Du 19 au 21 Décembre prochain, le siège de l’Ensemble Artistique et Culturel ‘’Towara’’, sise au quartier Agla de Cotonou va abriter les manifestations socio-culturelles de la 16ème édition du Festival des Rituels et des danses masquées (Feridama). A travers un entretien, le Président du comité d’organisation, M. Marcel Zounon, Expert –consultant du Patrimoine Culturel Immatériel, fait le bilan des quinze (15) dernières éditions de cet évènement et dévoile le contenu de la présente édition. Entretien.
Quel Bilan pourriez-vous nous faire sur les quinze (15) dernières éditions du Feridama?
En quinze (15) éditions, le festival a permis de faire des recherches sur les sociétés des masques au Bénin. Nous profitons pour souhaiter un repos éternel aux professeurs Félix Iroko et Emile Ologoudou, qui m’ont accompagnés dans l’accomplissement de cette tâche importante et surtout aux professeurs Didier Houénoudé et Patrick Loko, qui sont aujourd’hui à l’international. En 15 ans, nous pouvons dire que nous avons invité près d’une quarantaine de sociétés de masques venant du Bénin, du Mali, du Burkina-Faso, de la Cote d’Ivoire, du Nigéria, de la Guyane. Ce festival a permis d’identifier les importantes sociétés de masques du Bénin, à savoir, la société de masque Abourian, qui nous est revenue après l’esclavage, la société de masque Zangbéto, proprement du Bénin, la société de masque Guèlèdè, la société de masque Koliko, la société de masque Abikou, la société de masque Egungun qui nous sont venues du Nigéria et les sociétés de masque Kaléta, qui constituent l’attraction. En 15ans, on retrouve les cinq (5) domaines du Patrimoine Culturel Immatériel qui sont entre autres : les expressions culturelles, les traditions et surtout les normes, comme éléments véhiculaires de ces traditions, à travers les sociétés de masques, on retrouve les fêtes identitaires, les festivals, toutes choses qui permettent de revitaliser le patrimoine culturel immatériel. Nous avons la connaissance de la nature des plantes, qui permettent de guérir les affections. Nous avons identifié, à travers les sociétés de masques, le savoir et le savoir-faire lié à l’artisanat traditionnel quand vous prenez la sculpture du masque de Guèlèdè, vous allez noter qu’il y a un travail important, qui est fait pour valoriser et façonner le bois. On peut retenir en 15 ans, le festival, il y a eu beaucoup de travail de fait, beaucoup de conférences, d’ateliers, de réalisations en l’endroit de la jeunesse et de la femme. Au cours du 10ème anniversaire du Festival, nous avons tenu une conférence sur le rôle de la femme dans la société des masques. En 15 ans, la pratique des masques a permis à nos communautés de pouvoir vivre en harmonie avec la nature et de pouvoir également, trouver des passerelles par lesquelles, elles peuvent se développer, se nourrir, s’instruire, se vêtir et s’éduquer. En 15ans de pratique, le Festival a révélé au monde entier que le Bénin est un vaste pays de diversités culturelles qui permet de former, de sensibiliser et de transmettre ce patrimoine »
Dites-nous comment la prochaine édition se prépare
« Nous voulons que cette édition soit très soft. Parce que, nous avons mis l’accent sur certaines sociétés de masques que nous connaissons déjà pour dire que le festival survivra. Nos difficultés se résument à la mobilisation de financement. Nous avons mis en place le comité d’organisation. Nous travaillons sur les différents domaines, à savoir la communication où des stratégies de mobilisation sont en cours d’être définies, l’hébergement des participants, la restauration, la programmation du spectacle, la conférence-débat, les différents ateliers pour valoriser ce patrimoine pour mieux faire connaitre la destination Bénin. Le Thème de cette édition est: Le masque Kaléta, quels atouts et opportunités pour l’épanouissement de la jeunesse ? »
Quelle est la particularité de cette édition ?
« La particularité, c’est d’abord les masques Kaléta. Leurs origines ? Comment ils sont venus au Bénin ? Quels sont les différents domaines qu’ils prospectent ? Quelle est la contribution de la jeunesse, pour valoriser et transmettre pour la génération à venir ? L’autre chose, cette sortie des masques nocturne Guèlèdè, que nous avions expérimentés, que nous pensons ramener au public pour montrer que les masques Ifè, qui sont les grands masques sont ceux qui apparaissent après les masques porteurs de feux, quel est son rôle, sa fonction, quelle est la fonction de Ya-Guèlèdè, la femme de Guèlèdè. Ce serait l’occasion de montrer au public. Le groupe Towara va une fois encore montrer cette réalité, la fête des masques, l’attraction des masques Kaléta. L’apothéose sera la venue des masques Guèlèdè et Kaléta venus d’Abomey, de la collectivité Kpakpa de Gbècon ».
Un mot pour clore l’entretien
« Exhorter la jeunesse, surtout les étudiants en sociologie, en histoire de l’art, tout ceux qui s’intéressent à la culture, nos patrimoines culturels immatériels, de s’associer à nous pour révéler les différentes sociétés de masques pour montrer leur contribution au rayonnement de communauté. En le faisant, ils se donnent de loisirs sains »
Propos recueillis par DEDEGNONHOU Rodéric Abdon