Vingt-cinq élèves ont été enlevées dans la nuit de dimanche à lundi dans le nord-ouest du Nigeria, après l’attaque de leur établissement scolaire par un groupe armé. Les assaillants ont pénétré dans le lycée public pour filles de Maga, situé dans l’État de Kebbi, en ouvrant le feu sur les forces de sécurité présentes.
Selon la police locale, les hommes armés ont escaladé la clôture après un échange de tirs, avant d’entrer dans les dortoirs et d’emporter les élèves « vers une destination inconnue ». Le directeur-adjoint de l’école, Hassan Makuku, a été tué, et un autre employé, Ali Shehu, blessé à la main.
Les autorités ont déployé une équipe composée de policiers, de militaires et de milices locales pour fouiller les environs, notamment les zones forestières servant de refuge aux bandes criminelles. Dans un communiqué, la police confirme qu’un « gang de bandits équipés d’armes sophistiquées, tirant sporadiquement, a pris d’assaut l’école ».
Cet enlèvement rappelle celui de Chibok en 2014, lorsque près de 300 lycéennes avaient été capturées par Boko Haram, suscitant la campagne mondiale « Bring Back Our Girls ». Dans l’État de Kebbi, il s’agit du deuxième rapt massif d’élèves en quatre ans. En 2021, plus de 100 élèves du Federal Government College de Yauri avaient été enlevés, certaines victimes ayant été mariées de force avant leur libération progressive.
Depuis plus d’une décennie, les États du centre et du nord-ouest du Nigeria sont confrontés à la violence de gangs armés surnommés « bandits », dont les activités sont alimentées par le trafic d’armes et l’effritement de la présence de l’État. L’apparition récente du groupe djihadiste Lakurawa a encore aggravé l’insécurité dans cette vaste zone frontalière avec le Niger.
Un rapport consulté par l’AFP indique que l’État de Kebbi connaît en novembre une recrudescence record des enlèvements, les assaillants profitant des forêts de Zamfara, Katsina, Kaduna et Sokoto pour se cacher et planifier leurs attaques.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU