Le dimanche dernier, plus de 130 objets précieux pillés entre les années 1870 et le début du XXᵉ siècle ont été remis au Ghana. Cette restitution historique a eu lieu lors d’une cérémonie solennelle au palais Manhyia de Kumasi, en présence du roi Otumfuo Osei Tutu II.
C’est un moment empreint d’émotion et de fierté nationale. La Grande-Bretagne et l’Afrique du Sud ont officiellement restitué au Ghana plus de 130 artefacts royaux — parmi lesquels des poids en or et en bronze, des tambours cérémoniels et des parures — symboles de la grandeur passée du royaume Ashanti. Ces pièces, âgées de 45 à 160 ans, témoignent de la richesse culturelle, du système politique et des croyances spirituelles de l’ancien empire.
Le roi Otumfuo Osei Tutu II a exprimé sa gratitude envers la société minière sud-africaine AngloGold Ashanti, qui a restitué plusieurs objets acquis légalement sur le marché de l’art. D’autres pièces proviennent du Musée Barbier-Muller de Genève, dont la collection fut amorcée en 1904 par le collectionneur suisse Josef Muller. La britannique Hermione Waterfield, historienne d’art et fondatrice du département d’art tribal chez Christie’s, a également fait don d’objets issus de ses collections personnelles.
Parmi les pièces restituées figure un tambour en bois, qui selon les historiens serait probablement saisi par les troupes coloniales britanniques lors du siège de Kumasi en 1900. L’Asante Kingdom (royaume Ashanti), puissant État ouest-africain, avait été annexé par la Grande-Bretagne en 1901.Cette restitution marque une étape importante vers la réhabilitation du patrimoine africain et la reconnaissance d’une mémoire longtemps confisquée.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU